[LP] AxxoN N – Heal

Grandement inspiré par la filmographie de David Lynch, Edwin Fry, jeune britannique de 22 ans, compose et crée sa musique depuis la demeure parentale londonienne. Encouragé dans sa voie par son père photographe et sa mère maquilleuse pour la télé et le cinéma, le jeune producteur propose sa vision singulière de la musique électronique à mi-chemin entre Autechre et Crystal Castles, en bidouillant ses samples et propres boîtes à rythmes. Sous l’énigmatique pseudo AxxoN N, il distille une techno planante, oscillant entre ambient et électro vrombissante. Explorons les titres forts de son 1er album, « Heal ».

AxxoN N - Heal

En guise d’introduction, « Passenger » nous désoriente sur un beat chaotique, venu d’ailleurs. Des nappes de synthétiseur nous emmènent loin, par-delà les cieux. Dans l’espace, loin de tout, flottant parmi les étoiles dans un cosmos irradiant d’obscurité, nous devenons les passagers d’un voyage intergalactique. La fin est frappée par des « crick » assourdissants et des voix féminines s’entremêlant dans un chaos dérangeant.

S’ensuit un beat endiablé sur « Petri Dish », réveillant les souvenirs de la techno berlinoise des squats de Friedrieschain. Peu accessible, cette compo collerait par ailleurs parfaitement à l’ambiance d’une free party.

Le compositeur étudiant l’art et plus spécifiquement le dessin, on retrouve dans ses compositions, l’idée de majestueuses fresques post-modernes.
« Eye of the Storm » est beaucoup plus calme. L’introduction est magnifiée par des chants d’oiseaux qui s’estompent progressivement. Le jeune producteur nous emporte dans l’œil de sa tempête, au plus profond de l’ouragan, perdu dans des énergies tournoyantes. Plus lumineuse que la précédente, une femme nous parle et murmure parmi les bruits : « I just try to be happy you know, that’s all… ». Une des pistes les plus réussies du disque, car parfaitement cadencée.

En rupture d’un titre à l’autre, « Time of Need » commence par la respiration suffocante d’un astronaute flottant dans l’immensité cosmique. Un Dark Vador brandissant son sabre laser rougeoyant, puis d’autres nappes de synthé hypnotiques qui nous projettent dans le lointain d’une nouvelle galaxie.

Sur « Life Goes On », Edwin a samplé Lana Del Rey et ajouté de nombreuses spirales techno. Les accords et la mélodie forment un cadre parfait pour ses expérimentations majestueuses. On reconnaît la célèbre « Video Games » alors même qu’on croit retrouver dans ce même titre les épopées post-rock de Mogwai. Un morceau resplendissant de douceur et d’intensité. À la fois sombres et lumineux, les échos et les bruits s’entrechoquent dans un quinconce musical étourdissant. À travers son projet AxxoN N et offrant un ensemble incroyablement cohérent et varié, Edwin Fry nous emmène dans son univers, loin des problèmes terrestres, loin de la misère et des cris.

On choisira alors de mettre fin à notre errance électronique sur un éponyme « Heal » en pleine extraction d’un grondement techno poussif mais fort heureusement vite apaisé par des arpèges simples et agréables, tirés d’un sample du titre « Eat Yourself » du groupe électro-pop anglais Goldfrapp. Un superbe morceau, rythmé par un tambourin manouche et une guitare somptueuse. Le son d’un train rouillé, les bruits d’une nuit sans lune.

AxxoN N

« Heal » d’AxxoN N, disponible depuis le 13 octobre 2014 chez Domestic Records.


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