Aube L, le goût retrouvé des cafés-concerts

À quel moment se dit-on que la passion est devenue envie, et que cette envie est devenue projet ? Je ne sais pas. Tout le monde aime la musique. Tout le monde peut s’y perdre. Elle est là, dans nos rues, dans nos tunnels de métro. Elle voyage dans nos nuits d’amour, dans nos rayons de supermarchés. Alors, pourquoi commencer, comme on le fait tous chez indiemusic, à poser des mots, si introspectifs, sur cette chose si universelle ? D’où vient cette envie, ce besoin qui fait qu’aujourd’hui on le voit comme projet ? Il y a sûrement une histoire. Notre histoire avec la musique. Notre histoire avec les artistes. La mienne commence dans ces soirées passées dans de simples cafés concerts, à siroter un verre. Lorsque la musique est devenue autre que son. Voir Aube L, hier, à l’Abracadabar, c’est me plonger dans cette genèse musicale.

crédit : Laurence Barriol
crédit : Laurence Barriol

Assise au fond de ce bar, voir devant moi des silhouettes qui se balancent et dans la lumière Aube L. Arrêt sur image. Lorsque la musique est encore à notre portée. Lorsque l’artiste n’est pas cet être fantasmé, mais simplement homme ou femme. Ça me rappelle ce qui a fait que la musique a fait la différence dans ma vie. Ça me rappelle que la musique m’a ouverte, s’est infiltrée et m’a habité. Ce concert, hier soir, c’était ça. C’était ce souvenir. Se souvenir de cette période où la musique a bien voulu de ma compagnie. Où la musique m’est apparue belle et simple. Humble.

crédit : Laurence Barriol
crédit : Laurence Barriol

Car oui, Aube L dans ce bar, c’est simple et c’est l’essentiel. Elle était là pour présenter son nouvel album, « Wake Up The Joy », tout juste sorti. Pas en grande pompe, mais entre amoureux d’un son. Du sien. De celui qu’elle fait de la joie. Elle était là et devant elle une vingtaine de personnes, convaincues. Ce qui traversait la salle, unanimement c’était le plaisir. Que ça soit dans la foule ou chez Aube, le plaisir dessinait sur les visages un sourire. Celui de la paix et de la sérénité. Celui de l’apaisement. Car écouter Aube, c’est paradoxalement intense et reposant.

Elle est maître de sa musique et impose son atmosphère. Elle, parmi ses instruments. Entre clavier et percussion. Guitare et violon. Instrument de ses débuts. Instrument d’une certaine enfance. Instrument arrêté. Instrument retrouvé. Et offert à son public, hier soir en live.

crédit : Laurence Barriol
crédit : Laurence Barriol

On connaît ses talents de chanteuse. On connaît sa voix transcendante et qui laisse le frisson parcourir nos corps. On connaît son talent de chef d’orchestre, incarnant une foule de musiciens à elle seule. On connaît tout ça. Mais le live sublime ces choses, déjà tellement évidentes. Le live les laisse vibrer dans l’espace et le temps. Le live laisse aussi la possibilité de défiger un enregistrement digital. Cristallin à souhait, il devient aussi spontané. Laissant émaner un rire, se délier la parole et le souvenir. Jusqu’à avouer l’oubli de parole et en rire. Aube L on l’aime comme ça. Belle en toute simplicité. Le regard bienveillant. La voir, à l’Abracadabar c’était la voir à la maison. C’était faire partie de ses amis. C’est donner leur importance à ces lieux, refuser le piédestal. Et jouer terre à terre. Ou bien la tête dans les étoiles. Qu’importe, Aube nous emmène où elle veut.

crédit : Laurence Barriol
crédit : Laurence Barriol

Je vous l’avoue, je ne sais pas vraiment ce que je viens d’écrire. Peut-être pas un live report. En tout cas, il est véritablement sincère, tout comme ce qu’Aube L nous a servi dans son plus beau service, hier soir.

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Juliette Durand

étudiante en cinéma, arpenteuse des scènes parisiennes et passionnée des musiques qui prennent aux tripes