Antoine Corriveau nous offre une nouvelle pépite musicale expérimentale avec « Suzo », mêlant mystère et introspection. Connu pour la poésie de ses textes, le Montréalais est de retour avec une chanson frénétique aux paroles énigmatiques. Le clip bipolaire, brillamment mis en scène, marquera les esprits les plus cinématographiques.

Construit comme un récit à la première personne, nous suivons ici un personnage se rendant chez Maître Vittorio Suzo, un professionnel énigmatique capable d’éclaircir des événements troubles. Dès les premiers mots, « Chez Maître Vittorio Suzo, rue de la Haute-Voltige, à Palerme », nous sommes plongés au cœur d’une intrigue policière. Le narrateur semble se cacher derrière un certain Simon, mais Suzo ne paraît pas dupe et doute de son identité. La chanson devient plus sombre à mesure que le narrateur se remémore des événements troublants, culminant dans une vision inquiétante où lui-même, Suzo et Simon disparaissent dans une chute vertigineuse.
Le vidéoclip de « Suzo » exploite brillamment les thèmes viscéraux et paranoïaques de la musique d’Antoine Corriveau, mettant en lumière les notions d’identités multiples et de faux-semblants. Réalisé par le binôme Jérémy Gagnon et Samuel Terry Pitre, ce court-métrage, composé de vignettes représentant des sujets face caméra, crée une confrontation directe avec le spectateur, à la manière d’une enquête documentaire. La direction artistique soignée de Marie-Pier Jacques renforce la crédibilité surnaturelle de cette atmosphère singulière. Au fil du clip, le sinistre et l’absurde s’infiltrent dans les portraits, brouillant les frontières entre réalité et rêve. Antoine Corriveau incarne le personnage de Suzo, apparaissant sous diverses formes et renforçant l’ambiguïté trouble des personnages.
« Il scrute mon visage, retire ses lunettes
Les essuie dans le noble tissu
Devant le bordel que j’ai foutu
Il me demande ce que j’ai dit
À quelle heure et à qui »
Le rythme du vidéoclip suit les envolées jazz expérimentales et les silences rompus du refrain, nous plongeant au cœur de la folie des mots littéraires et soutenus de Corriveau sur les couplets enchaînés. Emportés par les textes fleuves, récités à vive allure comme un torrent de boue, nous retenons notre souffle dans l’attente du prochain rebondissement. La réalisation dépasse le cadre du morceau : les personnages qui fixaient d’abord le spectateur finissent par être observés à leur tour, amplifiant la confusion et la notion de surveillance. Inspiré par la production hip-hop actuelle, le clip en emprunte certains codes tout en intégrant des éléments du cinéma documentaire et expérimental.
Ce court-métrage haletant plante un village fictif et fantomatique, Palerme, dans un Québec profond. Prenant la forme d’un docu-fiction, il recense méthodiquement les citoyens, commerces et résidences, créant une atmosphère d’étrangeté inquiétante. Au fil des vignettes, le village révèle progressivement ses facettes lugubres, accentuant le sentiment d’inquiétude.
« En marchant sur la rue Saint-Denis, entre De Castelneau et Villeray, les premières lignes de la chanson me sont venues. Je me suis imaginé aller à la rencontre d’un avocat, Maître Vittorio Suzo, quelqu’un de haut placé, à qui tout raconter ma vie, qui saurait me guider pour réparer le mal que j’avais pu faire et me mettre hors de danger. C’est devenu le théâtre d’une révélation qui allait guider le disque complet ; une fausse identité. » – Antoine Corriveau
Ce nouveau morceau et son vidéoclip dément démontrent une fois de plus le talent et la créativité d’Antoine Corriveau. « Suzo » expose une direction artistique décalée et osée, portée par un auteur-compositeur-interprète incontournable du paysage francophone canadien.
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