Figure pâle et fantomatique s’interrogeant sur son passage au milieu d’un dancefloor prenant rapidement des allures de révélateur de conscience et de présence spirituelle, Annika And The Forest transfigure sa position devant et derrière l’écran, là où naissent les idées et les émotions complémentaires, grâce à son troublant « Même La Nuit ».

Tant dans les ralentis que grâce au maquillage mat et intensifié par les couleurs qui la mettent d’autant plus en valeur, la scène introductive de « Même La Nuit » est surréaliste, quasiment onirique. Un rêve d’égarement, de questionnement perpétuel sur la présence de notre créature sous une boule à facettes dont les miroirs représentent les personnalités d’une entité vierge et recherchant, dans le défoulement du corps et des muscles, ses semblables. Ceux-ci apparaissent furtivement, tandis qu’Annika And The Forest psalmodie ses ambitions, ses ultimes requêtes. Une invocation magique, amplifiée par les gestes chamaniques de notre héroïne égarée et solitaire.
Soudain, enfin, l’esprit se matérialise. Désarmant les méfaits impersonnels du monochrome, il déploie les couleurs scintillantes d’une passion imprévisible, d’un amour inconnu quelques secondes auparavant. La parade se fait nuptiale, séductrice, traçant à force de paillettes et de palettes un sentiment nouveau, inédit mais infiniment imploré. « Même La Nuit » est sensuel, explosant la tension sexuelle dans une communion instrumentale et vocale à laquelle il demeure vain de tenter de résister. Un baiser final, introduction aux gestes et heures nocturnes que notre imaginaire se devra de figurer, en attendant l’aube et la transformation inextinguible d’un destin commun.
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