[Live] Anna of the North au Pop-Up du Label

On l’avait quittée il y a tout juste un an pour sa première parisienne et française. Invitée par le magazine londonien The Line Of Best Fit, Anna of the North est revenue dans la capitale au Pop-Up du Label, le 20 octobre dernier, afin de nous offrir sa pop made in Oslo avec, cette fois-ci, un album dans ses bagages, « Lovers », compilation d’hymnes catchy évoquant quêtes et déceptions amoureuses.

crédit : Cédric Oberlin

Anna Lotterud (de son vrai nom) forme un duo aux côtés du producteur Brady Daniell-Smith depuis 2014, quand elle avait secoué la sphère indé grâce à sa première rêverie, « Sway ». Trois ans plus tard, elle a passé le cap du premier LP avec, comme choix intéressant, de se limiter à de toutes nouvelles productions plutôt que de recycler ses vieux singles. Et, même si ces derniers titres révélés sur le disque arrivent difficilement à la hauteur d’« Oslo » et « Dreamer », deux inconditionnels de sa setlist parisienne, le long format n’en demeure pas moins un coup de vent frais et d’autant plus bienfaiteur sur la planète pop nordique.

Anna of the North préfère en effet aux souvent lourdes productions de ses aînées un alliage de simplicité et de fragilité dont la voix reste la clef de partitions rêveuses. Avec son chant juvénile qui ferait rougir les fans de Chvrches, la jeune d’Oslo montre ainsi davantage de subtilité que les Écossais, alliant sensualité R’n’B avec une production douce et froide dont les contrées nordiques seules ont le secret. Nouvelle représentante d’une scène qui a maintes fois fait ses preuves depuis des décennies, celle qui a collaboré sur le dernier disque de Tyler, The Creator sort même son épingle du jeu entre synthés sucrés et ambiance dream pop.

Son concert joue dans ce cadre avec les températures, par des mélodies qui soufflent tantôt le chaud, tantôt le froid entre sa Scandinavie et l’Australie de son acolyte, qu’elle est allée chercher sur place pour ses beats plus estivaux. « Always », « Baby » ou encore « Friends » adoptent ainsi la facette plus solaire et dansante du projet pour cette soirée, quand « Lovers » ou « Oslo » sont des caresses plus froides et oniriques.

« Money » est, quant à lui, aussi glacial que ses textes quand Anna use d’un flow plus urbain au moment d’entonner : « Don’t want your body / Don’t like your face / She don’t give a damn about your future plans. » Une alchimie qui a porté une première horde de fans vers un Pop-Up à guichets fermés. On se bouscule donc déjà pour épouser les paroles prononcées par la chanteuse. Cette dernière, d’ailleurs, ne s’y trompe pas quand elle profite de « Lovers », single sensuel et fédérateur, pour motiver ses troupes qui chantent et dansent en chœur de plus belle.

La messe se poursuit au fil des titres incarnant en 2017 l’un des rares sans-faute pour un projet synthpop aussi assumé. « Someone » aux inspirations plus 80’s, répond ainsi à « Feels Like » et surtout à « Dreamer », qui était déjà un temps fort lors du dernier festival Pitchfork Avant-Garde. Et si on apprécie beaucoup moins « Fire », à la production plus dense entre afrobeat et dance à la sauce Diplo, ce n’est peut-être que la petite exception qui confirme la règle pour ce concert.

Il ne manquait en fait plus que « Moving On », introduction parfaite de l’album ainsi que sa douce outro « All I Want » pour couronner l’ensemble. Au lieu de cela, parce que plus de simplicité convient également à sa musique, la Norvégienne abandonne ses beats électros à l’occasion du rappel. Avec l’aide du guitariste de son live-band du soir, elle entame une ultime performance sur les notes de « Baby » en version acoustique, en chœur avec son public de « lovers » comme elle les appelle. On ne boudera donc pas sur le plaisir offert par cette jolie consolation.

crédit : Cédric Oberlin

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