[Clip] [Exclusivité] Anat Moshkovski & Shuzin – La Petite Fille la Plus Jolie du Monde

Retrospective d’une vie et de l’oeuvre qui y a été totalement dévouée, « La Petite Fille la Plus Jolie du Monde » regarde le passé et le présent avec une sensibilité musicale et visuelle nous replongeant tendrement dans l’innocence de l’enfance et la veille d’un âge plus mûr, souvenir de ces périples et des histoires qui les ont bercés.

Au commencement, l’une des chansons les plus célèbres de la musique israélienne, traduite par la musicienne Noémie Dahan pour Anat Moshkovski et Shuzin. Le pari le plus risqué était alors, d’une part, de donner vie à un texte d’une admirable poésie enfantine et morale ; puis, d’autre part, d’en illustrer les sens et les définitions par l’image et de nouveaux arrangements instrumentaux. L’atmosphère vaporeuse et sensitive de « La Petite Fille la Plus Jolie du Monde » répond admirablement à ces deux périlleux critères ; entre le conte imaginaire et un réalisme frôlant la beauté d’une existence vécue sur plusieurs décennies, le court-métrage unit deux univers d’une indicible splendeur, motivant l’intellect et les songes enfouis des spectateurs assistant à ce rêve devenu réalité. Il aura fallu de l’énergie, de la dévotion et une humilité hors du commun pour parvenir à un tel résultat ; Anat et Shuzin, aidés par la mise en scène lumineuse de GANAL, ont dépassé les espérances de beaucoup d’entre nous.

De regards en tableaux vivants, de constats lyriques en imprécations pop délicates et curatives, « La Petite Fille la Plus Jolie du Monde » transmet ses sensations par les yeux, les corps et les mains. Des gestes suspendus, doigts levés vers un ciel salvateur ; des iris fixant les créatures assises de l’autre côté du miroir, afin de les inviter à être les témoins de la généalogie créatrice et humaine en cours ; des peaux humides ou froides, dont le toucher de vêtements serrés ou amples déclenchera les saynètes que notre imaginaire prendra à sa charge. L’exposition et la piste sonore transmettent un message universel qu’il est toujours bon de réapprendre et de relire, jour après jour : nous sommes ce que nous créons. Derrière tout dessin, toute partition, toute sculpture, il y a une part essentielle d’autobiographie, une présence immortelle de l’initiative et de la concrétisation. Des éléments dont les racines se nourrissent de la performance nouvelle et révérencieuse d’Anat et Shuzin, de même que de la participation généreuse de toutes celles et tous ceux qui, par leur dévouement et leur temps, ont apporté leur existence à ce film inoubliable et profondément émouvant.


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