[Live] Alice Animal à l’espace Soutine

Le 2 juin dernier, la chanteuse et guitariste chartraine Alice Animal a choisi de débuter à domicile son « Tandem tour ». Nouvelle section rythmique, nouveaux titres encore inédits et toujours cette fougue et cette virtuosité sans emphase ! 

« Gaby oh Gaby » passe sotto voce en fond musical et ambiance la salle de l’espace Soutine. Faut-il y voir un clin d’œil à Boris Bergman ? Le parolier historique d’Alain Bashung vient de lui offrir « Des riffs et des roses », un inédit dont elle nous donnera la primeur. Mais Alice Animal a beau être elle aussi « belle comme un pétard qu’attends plus qu’une allumette », c’est l’autrice-interprète et la guitariste qui accompagne des pointures telles que Kent ou Batlik, qui est attendue ce soir-là. N’en déplaise donc aux deux « sexas un peu sexistes » qui lâchent un « ça commence bien » en la voyant entrer en compagnie de ses deux musiciennes… Il est vrai que la robe blanche et noire qu’elle a choisie ce soir-là lui va à merveille et reconnaissons également que la formule girlz power en trio est effectivement séduisante et surtout plus que bienvenue. Même si la récente prise de position de Lola Frichet de Pogo Crash Control – son « More Women on Stage » bien visible sur sa basse – a suscité l’intérêt et le relais de nos confrères de Longueur d’Ondes, les rockeuses ne sont toujours pas légion sur les scènes de France et de Navarre. Ce soir-là, c’était donc la grande première en live pour Marine Danet et Laëza Massa – respectivement bassiste et batteuse – avec Alice Animal. « Des cheveux plein les yeux, des paillettes plein les mains et une énergie de feu à partager » écrira-t-elle sur Facebook à l’issue du concert.

Avant même que ne débute le premier morceau, une nappe de synthés lancinante, suivie de coups de cymbales en contrepoints envahit l’espace sonore. Une intro pour « Tandem », l’étendard d’Alice Animal. À l’instar des autres titres de son premier album, il gagne en intensité et en énergie en live. « On est barock » chante-t-elle. On ne peut qu’être d’accord avec elle ! Même si l’on s’en rend compte en écoutant ses enregistrements, son côté rock s’expose et explose lorsqu’on la voit faire corps avec ses guitares. Ses soli tantôt sensuels, volontiers charnus, s’intègrent naturellement aux mélodies sans jamais les parasiter ; ils donnent même comme un parfum de dynamite à « Tes éléphants roses » ou « Mauvais garçon », des chansons déjà bien innervées à la base.

Parmi les inédits qu’elle nous aura offerts, on retiendra le tempo presque africain « Du riff et des roses », qui nous a surpris et séduit. Autant que l’hommage à Kent en intro de « On n’a qu’une vie ». Un texte écrit par l’ex-chanteur de Starshooter ; « j’ai rencontré un super humain Kent et on sest plus lâchés » confie-t-elle. Après cette déferlante de riff, ponctuée de deux ou trois morceaux plus calmes interprétés en solo, c’est en douceur que se termine ce premier concert de la tournée. Lors du rappel, toutes trois nous livrent une jolie version de « Dimanche n’existe pas » – une des petites dernières – a capella et en mode percussions « corporelles ». C’était bien cool de terminer avec votre « La vie s’écoule », chère Alice. Et cela coule de source, mais on va tout de même le préciser ; si le Tandem Tour passe par chez vous, n’hésitez pas, enfourche-le avec elle !


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