[EP] Alen Tagus – Paris, Sines

D’une rencontre inopinée entre deux univers différents est né l’un des disques les plus emblématiques de la pop et du rock parfaits : une collection de bandes originales, de chansons développant l’imaginaire de l’auditeur, quitte à remplacer les sons par des images mouvantes et émouvantes.

La pochette de « Paris, Sines » est, à elle seule, l’invitation ultime à ce voyage hors des sentiers poussiéreux d’un pays désert : une maison solitaire, égarée et écrasée par le soleil, avec pour unique échappatoire une voiture d’un autre temps, au loin. Chaque pièce, ici, est différente ; sous les doigts et dans les esprits créatifs de Pamela Hute et Charlie Mancini, les espaces se referment sur eux-mêmes, l’atmosphère adoucit la chaleur, la sensualité caresse l’âpreté de peintures sonores écaillées. Comme autant d’épisodes d’un court-métrage intense et sans temps mort, les six pistes qui constituent cette démonstration intime d’un mouvement constant, d’une chorégraphie douce et aimante, d’un scénario entre mystère et éblouissement, dose savamment ses émotions, des plus sensitives aux plus fortes.

La sérénité qui émane de ces sobres chapitres, dissimulant cependant quelques élans rock sous-jacents et essentiels à la cohérence de l’ensemble, doit beaucoup à l’union sacrée des deux compositeurs. Tout en distinguant les aspirations premières de Pamela et Charlie, on ne peut s’empêcher d’admirer leur écoute mutuelle, leur confiance grandissante. De « The Void », introduction faussement douce et finalement orageuse, à la beauté quasi physique de l’inoubliable « Time Passing By », le chant, surprenant pour les fans de la Française puis très vite apprivoisé, raconte, éprouve, étreint. « Paris, Sines » est un pacte du sang, immortalisé par le titre référentiel « Only Lovers Left Alive », là encore relu et réécrit à quatre mains. « There’s a strange deal going down that road », avoue l’interprète sur « Black Hole » ; plus qu’un aveu, qu’un risque maîtrisé et calculé, c’est bel et bien la profession de foi qui porte en son sein l’existence même d’Alen Tagus.

Dès qu’il faut sortir du bâtiment qui a donné vie à nos rêves les plus intimes, la vie change, pour toujours. « Paris, Sines », voyage imaginaire dans les sentiments et les épreuves, dans les attirances et les pertes, nous suit, se colle à nos épidermes afin de mieux pénétrer nos chairs et d’atteindre nos cœurs. Sa vraie place, sa raison d’être.

« Paris, Sines » d’Alen Tagus, disponible depuis le 17 mai 2019 chez My Dear Recordings.


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