[Entourage #110] Adam Carpels

Le Lillois Adam Carpels fait assurément partie de cette nouvelle génération de producteurs de musiques électroniques, qui se moquent des étiquettes et assument totalement des influences très hétérogènes, et surtout une culture musicale curieuse, versatile et ouverte d’esprit. S’il a ouvert depuis quelques années les vannes de sa musique dans l’univers du hip-hop et du rap, il se signale aujourd’hui dans un foisonnement créatif, mélangeant sans complexe la puissance de la bass music, la musicalité du hip-hop, l’énergie de la club culture et l’abstraction de la techno. Dans une scène française en pleine ébullition, nous pourrions aisément le rapprocher de nouveaux talents en pleine ascension comme Noke ou encore Sorg. Plus largement, à travers ce témoignage sur ses passionnantes collaborations et ses amitiés artistiques, nous sentons chez lui une volonté permanente de sortir de sa zone de confort au contact des autres, avec une fraîcheur et une candeur décisives, rappelant ainsi les débuts de producteurs aussi emblématiques que le regretté  DJ Mehdi ou encore Feadz, et pourquoi pas, des premiers pas de l’Américain  Diplo, le producteur multi platiné, plus connu comme le boss du label Mad Decent et le leader des imposants Major Lazer. À lui désormais de tracer sa propre voie, à commencer par sa session très attendue pour l’édition (digitale et donc en streaming) du Crossroads Festival 2020.

crédit : Alice Sevilla

Thérèse

Je ne pouvais pas commencer autrement que par ce projet. C’est notre dernier bébé en date. Thérèse, c’est une chanteuse, militante et styliste que j’ai rencontrée à un meet-up de notre label (La Couveuse) auquel j’étais pour défendre un autre projet de ce même label dont je vous parle juste après. Quelques mois sont passés et, après le confinement, on a beaucoup discuté avec Thérèse. On s’est alors rendu compte qu’on avait beaucoup, beaucoup, beaucoup, de réflexions et d’envies communes. Elle m’a tout de suite cité M.I.A., Björk, Dope Saint. Jude… que des projets au croisement de plein de styles dont la musique et les instrus me parlent. Et, deux mois plus tard nous voilà en train de sortir notre premier single et de bosser sur les maquettes de notre EP. C’est un projet en trois langues, de pop badass au croisement du hip-hop, de l’électro et de la culture club. C’est le projet qui me prend le plus de mon temps en ce moment, le projet qui me stimule et me fait avancer. On a hâte de pouvoir défendre notre musique sur scène. Un clip pour « T.O.X.I.C » est à venir fin septembre.


Lexa Large

Lexa, c’est l’autre projet du label avec lequel je travaille. On s’est rencontré au Flow à Lille il y a deux ans. Ça faisait un moment que je bossais pour pas mal de projets hip-hop sur la région et je commençais à vouloir un peu m’éloigner de tout ça, arrêter de produire à la volée pour plein de rappeurs et rappeuses, et me concentrer sur un projet que j’aime. Quand j’ai écouté pour la première fois son projet, ce qui m’a tout de suite sauté aux oreilles, c’est son écriture. Une écriture pleine de maturité, qui ne raconte et n’aborde pas les thèmes communs du rap. De plus, il a comme moi de très fortes influences de la musique UK et c’est vraiment ce qui a fait pencher la balance pour ma part. Pas si fréquent de trouver un rappeur capable et qui a envie de kicker sur de la grime, du UK garage ou de la bass music. Alors j’ai foncé et aujourd’hui, c’est sans regret. C’est avec lui que j’ai fait des scènes que je n’oublierais jamais dont par exemple le Crossroads 2019 ou encore la première partie de Féfé et Leeroy. Son prochain EP est prévu pour début 2021 et le deuxième extrait « Moindre Mal » de ce dernier est sorti le 28 août accompagné d’un clip.


Numérobé / Velours 808

Numérobé, c’est un artiste calaisien que j’ai rencontré il y a 4 ou 5 ans maintenant. C’est depuis devenu l’un de mes meilleurs amis. C’est l’un des seuls artistes de ma région que j’arrive à mettre dans une « case » similaire à la mienne. Il propose une électro léchée et extrêmement technique aux influences bass music, jazz, électro et musique ethnique. Depuis peu, il propose un side project qui s’appelle Velours 808 qui est tout aussi chaleureux et réussi, dans lequel il fait des édits de tracks qu’il chine partout dans le monde, un peu à la Gilles Peterson. Plus qu’un artiste que j’admire, c’est aussi un frère d’armes avec lequel je sais que je peux me reposer, parler et avancer. C’est quelqu’un qui a toujours su m’aider dans les moments de doutes et sans lequel je ne serais sûrement pas en train de vous parler aujourd’hui. Une rencontre musicale très importante pour moi donc.


L’Artefact

L’Artefact, c’est un crew de rappeurs lillois qui sont en place dans notre ville depuis une paire d’années maintenant. C’est des gens que j’ai rencontrés à la fin du lycée. C’est clairement avec eux que j’ai fait mes premières armes dans la musique. De très bons kickeurs, inspirés par un large spectre dans le hip-hop et sûrement parmi les gens les plus déterminés à réussir que je connaisse. Ce sont des copains avec qui j’ai rêvé de beaucoup de choses, avec qui j’ai découvert et appris énormément, bref, des gens qui ont été et restent importants pour moi, car ils font partie des premiers à m’avoir fait confiance et à m’avoir poussé à travailler plus pour ma musique. Ils sortent depuis quelques semaines une série de freestyles qui s’intitule « Spectre » et qui sont tous plus qualitatifs les uns que les autres. À ne pas rater.


Ruffcast

Ruffcast, c’est un collectif de DJ lillois résidents sur la radio locale RCV 99 FM. C’est un groupe de copains que j’ai rencontré lors de l’un de mes premiers concerts à la Nuit de l’Architecture en 2016 avec mon collectif de l’époque, Les Fistons. Ce sont des gens, et particulièrement GRRR, un des membres de leur collectif, qui m’ont fait découvrir la Bass Music. Autant dire que ça a eu un très fort impact sur moi, car c’est très clairement une partie de la musique que je fais aujourd’hui. Pendant une période, j’allais les voir le samedi soir dans leur studio dans le sous-sol d’une école. Assez lunaire comme endroit, mais également un des endroits dont je garde de très beaux souvenirs. De grosses sessions mix avec 25 personnes dans le mini studio et une flopée de rappeurs comme L’Artefact, Bekar, Les Fistons, Sreen… qui venaient kicker leurs derniers textes sur les mix grime des singes de Ruffcast. De sacrées soirées qui m’ont fait rencontrer beaucoup d’humains et beaucoup de nouvelles musiques. Ruffcast, c’est un samedi sur deux à 21h sur RCV et en replay sur Soundcloud.


Adam Carpels est à l’affiche du Crossroads Festival #5. Son concert est à suivre en live sur Facebook et YouTube le mercredi 9 septembre à 21h précise. Plus d’infos sur le site du festival.


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