[Clip] Acquin – Gender Bender

Le genre de clip qui va sûrement plaire aux culs-bénits et autres adeptes de la Manif Pour Tous ; « Gender Bender » consacre les élans du plaisir et de la vacuité corporelle dans un tourbillon de lumières chaudes et sulfureuses.

Ce qui pourrait apparaître comme la réflexion philosophico-religieuse d’un homme seul accoudé au bar d’une boîte de nuit se transforme rapidement en confession teintée de sensualité et de symbolisme. « Gender Bender », sacrifié sur l’autel du plaisir, prend son rôle très au sérieux, malgré ses atours de pensée de fin de soirée. Dès que les corps sont allongés, les bras en croix, évoquant un after entre Dieu et ses ouailles, toute la perspective de l’illustration visuelle du titre d’Acquin s’inverse. Les projections éblouissantes et profondes qui ont introduit le court-métrage se voient tamisées, presque meurtries ; nous voilà alors propulsés dans une version électronique et libertine de la tentation humaine, dont la conclusion, en ce qui nous concerne, est toute trouvée. On adhère, sans aucun état d’âme ni flagellation inutile.

« Gender Bender » est malin, vif et imbibé de saveurs interdites. À quelques mesures près, le spectateur se croirait happé dans un mix étrange entre les déviances chorégraphiques de Boney M (les sonorités de « Ma Baker » sont bel et bien là pour le prouver) et la tentation subtile du serpent, tout droit sorti du jardin d’Eden. Une liberté totale, tant dans le texte que dans la performance, où bleu et rouge collent à la peau comme les deux visages d’une seule personnalité. Chacun est dorénavant libre de choisir, en pleine conscience. Et c’est un cadeau que l’on n’a pas le droit de refuser, en attendant l’album « BAREBACK » prévu pour le 28 février prochain.


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