[Entourage #85] Abel Orion

Révélation pop en devenir, nous avons le plaisir d’ouvrir la nouvelle année avec Abel Orion. « Late Night Music », son premier recueil vient raconter les nuits troublées et passionnées du chanteur et compositeur bordelais. Un univers empreint de délicatesse, d’effluves romantiques et d’une élégance certaine à l’instar du berçant « Home Again », de la synth pop nébuleuse de « Mad About Me » ou du groove séducteur et des paroles ravageuses de « So Many Amazing Girls ». Ermite de studio comme il nous l’a confié, pour fêter la sortie de son EP et la nouvelle année, Abel Orion retrace pour indiemusic son parcours à travers cinq rencontres jusqu’à aujourd’hui.

La première rencontre : mon père

Paco de Lucia, John Coltrane, Baden Powell… et du classique aussi. C’est vraiment mon père qui a enclenché mes premières rencontres musicales, donc je me devais d’en parler en introduction ! C’est un passionné de son. Je teste mes mixages en seconde écoute sur son système audio car c’est un vrai geek de technique au niveau du matériel. Il va passer un week-end à améliorer sa platine, à recâbler (parfois avec des périodes de stress ahah), trouver la meilleure lampe…
C’est aussi de lui que me vient cette passion pour la recherche du son, que j’exprime plutôt dans la composition, mais aussi dans le choix de mes effets, des compresseurs, des reverbs… L’univers du studio peut aussi être très technique et on se rejoint sur ce plan.


Clément Perret

Abel Orion est vraiment un projet de l’intime, la musique de nuit faite dans mon salon. Donc je parle de mon intimité. Clément est un ami depuis le collège. Avec lui, j’ai commencé mes premières expériences musicales après des cours de guitare classique qui passionnaient autant mon professeur, qui avait la charmante habitude de bailler assez fréquemment, que moi. Les premières platines vinyles, la table de mixage, les premiers mixs, le scratch… ça a commencé avec Clément. Je me suis réapproprié ce domaine avec plaisir et liberté. C’était aussi la découverte d’OutKast, du funk, avec l’esprit d’analyse, on décomposait les morceaux, je tentais de reprendre des choses à la guitare… Il était aussi présent lors de la composition du premier titre qui a vu le jour avec Abel Orion, « Les Sentinelles ». Disons que c’est mon conseiller et frère de cœur ! On peut résumer cette période avec ce titre.


Pierre Guilon, Banquise et Isaac Delusion

Pour continuer dans la genèse des rencontres ont été marquantes dans mes précédents projets, j’ai commencé à jouer en groupe vers 15 ou 16 ans. Le premier durant le lycée avec lequel j’ai découvert l’univers du studio… Par l’intermédiaire d’un ami, j’ai rencontré Pierre Guilon, qui était dans ce domaine de la musique et du studio suite à l’exercice de son père. Premier enregistrement dans une cabine de studio, premier mixage, premier mastering avec un ingénieur, première parution sur CDs (les anciennes compilations Bordeaux Teenage Rock !) premiers concerts… ça a été une vraie expérience pour moi et m’a donné l’envie de continuer cette pratique.

Mon groupe le plus récent, Banquise, a été fait de rencontres, aussi bien dans l’évolution des membres que de la démarche ; j’ai lancé ce projet un jour de neige à Lacanau Océan où j’habitais, pour jouer quelques titres en compagnie de Quentin au retour d’un voyage, à l’Espace 29 à Bordeaux, puis très rapidement de nouveaux membres sont arrivés, Sébastien à la basse, Dimitri puis Emmanuel aux synthés, avec la gestion d’un set live complexe en concert avec l’utilisation de plug-ins pour reproduire au mieux les sons du studio.
Les lives un peu partout en France, les premières parties qui nous ont vraiment fait plaisir comme celle pour Isaac Delusion, la rencontre avec l’ancien manager de Daft Punk… c’était des rencontres de sensibilités, la gestion des volontés d’évolution que ce soit au niveau de la composition ou de la notion de professionnalisation en musique. Tout a été une formation qui m’a permis de me diriger vers la liberté que j’ai aujourd’hui avec Abel Orion !


Bertrand Lacombe

Bertrand Lacombe alias Dombrance a mixé les titres de Banquise sur l’EP « People Under the Sun » et j’ai appris son sens du gimmick sur le projet ! En studio, j’avais tendance à en mettre beaucoup sur les titres pour arriver à quelque chose de fort… tout l’inverse de ce qu’il faut faire ! En écoutant ses retours de mix, je me suis intéressé à l’art de la petite mélodie ou du rythme efficace qui fait décoller un titre. Même si mes titres sont maintenant vraiment moins électroniques, c’est une leçon importante ! Peu d’éléments, mais les choisir du mieux possible, comme Hot Chip qui peut passer des heures sur le choix d’un son de synthé, c’est ce à quoi je m’applique. Et on retrouve vraiment son efficacité avec son projet « politique » comme sur ce dernier titre « Fillon ».


Christophe Loubes

J’ai rencontré Christophe il y a deux ans à l’occasion d’une interview dans le cadre de mon métier de galeriste. La fin de l’entretien consistait à donner mes recommandations de sorties culturelles et j’ai parlé de Bertrand Burgalat qui allait bientôt passer à Bordeaux. On a terminé en parlant musique, mods et j’ai découvert qu’il était bassiste (sur une Rickenbacker en plus !).
On a mis un moment avant de se retrouver au studio… Christophe est arrivé au moment où je samplais de vieux violons sur lesquels j’avais commencé une batterie et quelques accords et m’a demandé si on pouvait travailler dessus. Il a apporté sa notion de jazz dans le positionnement des accords et sa basse. « Home Again » était terminé deux jours après.
On travaille maintenant sur de nouveaux titres en commun, et notamment avec un instrument qui a marqué tous les fans des Beatles en autres : le mellotron !

« Late Night Music » d’Abel Orion est disponible depuis le 18 novembre 2019 chez Alter K / Pschent Music.


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