Seconde partie de l’escapade du Roi Angus en terres chinoises. Au programme, la découverte de Jinan, cité aux multiples visages tous aussi éclectiques les uns que les autres et qui, dans le concert donné par le groupe suisse, a insufflé une forte influence, trouvant son illustration et son témoignage dans ce moment à part et partagé avec le public du lieu.

Jinan, mon amour. Avec ses six millions d’habitants, cette petite ville de province a le charme post-marxiste des cités-dortoirs. À vue d’oeil, on ne livre pas les immeubles à l’unité dans l’urbanisme chinois, mais par packs de six au moins : à chaque fois, un bouquet de bâtiments identiques de vingt étages minimum, voire trente ou quarante en moyenne.
Derrière l’auditorium de l’université, on trouve deux petites loges décrépies et austères où laisser quelques affaires. Les portes restent grandes ouvertes à l’arrière du bâtiment, n’importe qui peut y entrer librement mais on laisse tout de même nos valeurs sans grande précaution. Un parfum de sécurité se dégage de l’environnement, dans l’esprit et l’uniforme, pour différentes raisons.
À l’étage, deux grands auditoires de cours, avec dans chacun d’entre eux un seul étudiant qui travaille au fond, comme un garde somnolerait devant les quartiers d’hiver d’un fonctionnaire absent. On redescend dans la salle, peu à peu elle se remplit car les concerts sont complets tous les soirs sur la tournée, manifestement la francophonie est un exotisme qui séduit et les communautés francophiles locales et expatriées ont chaque année du plaisir à retrouver cet îlot d’ailleurs chaleureux et enjoué.
Puis le concert : on fait le show, filles en nombre et garçons crient et se pressent pour nous tous toucher lorsqu’un tend la main, les mobiles filment et photographient en permanence, les t-shirts lancés en offrande font l’objet de combats, ce n’est pas le même enthousiasme qu’un concert en Europe, on sent un supplément d’amour. Ce n’est pas que du respect ; c’est au-delà, il y a une admiration qu’on perçoit dans les regards et dans le ton. La séance photo dure une heure et demi après le concert, tout le monde en veut une, avec l’un, avec l’autre, tous ensembles, et des autographes ; heureusement, on avait prévu un stylo noir, un blanc et un rose, car il n’y bientôt plus d’encre pour signer les dernières photos.
On termine par une pose avec le concierge du bâtiment, un petit homme chaleureux d’une soixantaine d’années qui sent un rien l’alcool, nous remercie vingt fois et affiche un large sourire de fierté que nous lui renvoyons bien aisément tant il est gratifiant pour nous de partager ces moments.
Parmi la Chine qui nous est offerte se succèdent grandes salles étincelantes, universités ou centres commerciaux, le contraste est total entre les lieux et les jours mais toujours la curiosité du public est vive, et les mobiles filment à foison.
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