L’emprisonnement dans les idées reçues et les courants à suivre pour exister est au cœur du nouveau clip de Daphné Swân, remarquable vision à la fois cruelle, poétique et réaliste d’un enfermement annoncé. Avec, au bout de ces quatre minutes, une liberté et une respiration que l’on n’a pas ressenties depuis bien longtemps et qui nous motivent à ne plus nous laisser capturer par les modes éphémères et les avis prémâchés.

Une femme, au milieu de barrières la maintenant captive, cherche tant bien que mal à faire exploser ces entraves qui l’empêchent d’être elle-même. À travers « La Cour des Animaux », et comme elle le révèle dans sa biographie, Daphné Swân est « en révolte contre l’absurdité du monde » ; cette même absurdité que beaucoup considèrent comme acquise et que l’on ne peut que, malheureusement, voir chaque jour, aussi bien dans l’humain que dans le social ou l’art. Pour l’artiste, ne sommes-nous pas des bêtes curieuses menées par le bout du nez, passives et désespérément neutres, alors qu’il suffirait simplement de penser ? Au fil de la vidéo, les enclos se brisent, enfin. Et nous incitent à dépasser les apparences, trop souvent trompeuses.
Au milieu de la chanson, Daphné Swân prononce ces paroles criantes de vérité : « Nous ne cèderons plus aux sirènes de la peur de finir derniers / Ni la frustration, ni la haine ne nous serviront de bergers / Aujourd’hui, pour me rebeller, je préfère être une Bisounours / plutôt qu’un de ces chiens dressés à aboyer au pas de course. » L’innocence, celle que l’on nous interdit d’exprimer, demeure l’une des uniques manières d’affirmer notre personnalité et, ainsi, de prendre les commandes d’une rébellion inédite et essentielle. Dans les ultimes secondes du court-métrage, admirablement filmé par le duo de réalisatrices – plasticiennes lillois Kiki Bronx, Daphné Swân illustre cette libération d’une façon marquante, mais parfaitement mise en scène et symbolique de l’éveil. Gageons que son EP, attendu pour 2018, continuera sur cette voie et pourra, espérons-le, chasser nos mauvaises habitudes.
Pour découvrir le formidable travail de Kiki Bronx, c’est ici !
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