Collection d’images subliminales toutes plus parfaites les unes que les autres, « The End » de EFFIGIE nous plonge dans une traversée du désert à la fois synthétique et magnifique, où les lieux fréquentés revêtent chacun une signification d’une importance capitale.

La chute. Dans un noir et blanc d’une frappante sobriété, une figure tombe. Descente en Enfer ? Vie après la mort ? « The End » de EFFIGIE le suppose, le suggère dans cet éclat qui, rapidement, se referme sur le protagoniste de l’histoire qui va nous être contée. Figure sombre au visage tribal et géométrique, elle s’interroge, puis franchit une à une les portes qui la conduiront vers son salut ou, au contraire, vers un inexorable purgatoire. Dans cette alliance de la beauté électronique et vocale du duo lyonnais et des traits crus et lisses de Simon Bonnefoy, chaque pictogramme prend vie et sens sous nos yeux ; de l’ampleur étouffante du désert à la claustrophobie d’une pièce dans laquelle les sources lumineuses invitent à un choix crucial, tout est mis en œuvre pour déstabiliser, sans jamais être capable d’anticiper ce qui va suivre. Phénomène trop rare pour ne pas être salué à sa juste valeur.
Dialogue entre l’immensité des monuments et l’étroitesse des liens qui les unissent, sas de décompression avant les multiples révélations qui attendent notre héros, le court-métrage distille une luminosité mouvante et constamment remise en question, balayant de ce fait tout notion de repère, de reconnaissance de lieux connus et, ainsi, rassurants. Mais aucune angoisse ne vient nous étreindre ; le message qui frôle les scènes fantasmagoriques de « The End » est aussi empli de volonté que d’interrogation. Savoir où nous sommes finit par devenir une question secondaire ; ici et maintenant, le charme de de l’instant opère, avant une minute finale durant laquelle l’atome que convoite l’individu transporté dans ce labyrinthe explose, rouge et bleu, illuminant alors le Destin, aussi cruel et solitaire soit-il. EFFIGIE a trouvé le vecteur parfait de sa musique synthétique, mais toujours juste et sensitive. Un coup de maître, qui nous incite à en vouloir davantage, dans un futur que l’on espère très proche.