[Clip] Archil – Voodoo Dance

Bien plus qu’un simple clip, c’est bel et bien dans une aventure rocambolesque, riche en rebondissements et en personnages aussi forts et caractérisés les uns que les autres que nous invite Archil. Bande à la fois violente, dérangeante mais avant tout drôle et admirablement bien écrite et mise en images, « Voodoo Dance » a l’étoffe d’un classique visuel et musical à part entière, avec lequel il sera difficile de rivaliser.

Chercher l’originalité afin de donner au son une signification complémentaire, mais également ouverte à toutes les propositions, même les plus inattendues ; alors que le monde de la vidéo pullule de bandes insipides et calibrées pour la diffusion télévisuelle, produits sans âme ni propos, clinquants et nous donnant rapidement la nausée, beaucoup d’artistes prennent le risque de redimensionner leur art ; ou, plutôt, de l’exalter dans des choix picturaux et scénaristiques en apparence totalement barrés, mais finalement parfaitement adaptés à la situation qu’ils souhaitent décrire. Nul doute que « Voodoo Dance » va vous faire écarquiller les yeux ; et pour cause. Cet enchaînement ininterrompu d’action, de dialogues savoureux alliés à des ambiances de séries B, Z et 70’s sont moins innocentes qu’elle n’y paraissent et ont dû demander un travail considérable en amont. Le résultat, sur près de dix minutes, et un pur plaisir que l’on ne cesse de se repasser en boucle pour en déceler tous les détails.

Commençant à la manière d’un film de gangsters sous psychotropes mettant en scène des individus peu recommandables mais déjà attachants, « Voodoo Dance » ne s’annonce jamais comme un court-métrage prévisible. Au contraire, il parvient même, dans ses premières minutes, à démontrer une modernité dans les éclairages, les plans et les séquences, n’hésitant pas à présenter chacun selon une description écrite, tant et si bien que l’on ne sait jamais si ces anti-héros sont réels ou issus de l’imaginaire de celui qui raconte leurs mésaventures. Décors, costumes, accents ; The Bardos ont soigné chaque détail, mélangeant fiction et biographie dans un redoutable tourbillon cinématographique. Et c’est alors que tout explose, dès les premiers pas de danse interconnectés entre passé et futur, décrits de manière aussi humoristique que, il faut bien l’admettre, réellement entraînante. Finalement, le mystère de la valise réussit le tour de force de totalement nous emporter, sûrement dans une dimension parallèle où les mouvements et les pas finiront par être notre seul salut. Et inutile d’essayer de résister ; il vous faudra beaucoup de temps pour apprendre ce que le livret vous propose, mais vous ne pourrez que vous soumettre à la tentation. « Ginger Rogers ? Fuck you, man ! » Pas si sûr…


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Raphaël Duprez

En quête constante de découvertes, de surprises et d'artistes passionnés et passionnants.