Premier extrait de son second album solo à paraître le 20 octobre prochain, « Spring » de Lewis Evans s’amuse à mélanger une musique résolument folk et country à des illustrations picturales psychédéliques, réduisant le décalage de ces deux univers à un ensemble cohérent bercé de pureté et incitant l’imaginaire de chacun à dépasser les limites de genres en apparence contradictoires. Le résultat est aussi revivifiant que réjouissant.

Dès les premières secondes de « Spring », le spectateur sent que quelque chose de différent est sur le point de se produire. Un Combi tout droit sorti des campings improvisés des seventies, à la couleur jaune criarde, se gare en pleine nature et libère Lewis Evans et ses deux musiciens, plantant un décor arc-en-ciel bientôt occupé par des créatures multicolores, souriantes et innocentes. Comme si la fraîcheur acoustique de la piste que l’auteur-compositeur nous propose n’avait que faire des frontières séparant chaque espace, délices visuels et sonores accueillants et au sourire irrésistible.
Aidé dans sa démarche par la société de production Wattson , le réalisateur avisé et visionnaire, Alexis Barbosa, offre à « Spring » une vision à la fois personnelle et complémentaire du propos de l’auteur, Lewis Evans, calme en apparence, savoure chaque instant comme le maître de cérémonie qu’il demeure tout au long du court-métrage. La communion avec cette chanson à la fois innocente et entraînante se révèle grâce à l’intervention de figurants portés par les arrangements de cuivres discrets mais essentiels disséminés ça et là dans l’instrumentation, avant de laisser le créateur face à sa solitude, celle-là même qui est vitale pour créer ces minutes de symbiose totale, entre amis ou avec le public. Devant une telle démonstration du potentiel musical et visuel de ce projet à part, il ne fait aucun doute que « Man in the Bubble » (ZRP / Deux minutes trente) sera un disque à écouter de toute urgence dans quelques mois. En attendant, les secondes acidulées de ce clip décalé et affectueux nous aident à patienter en nous réconfortant et en illuminant nos ternes journées.
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