Décalé et jouissif en diable, « Caesar » de Cosm et Hermann Lopez est une vision à la fois absurde et burlesque de la décadence de certains clips actuels, mettant en scène des protagonistes à la fois barrés et hilarants, le tout sur fond de musique électronique nostalgique des 80’s et parfaitement en accord avec cette succession d’images aussi incroyables que merveilleusement orgasmiques.

Selon son propre aveu, Florent Collignon (l’une des figures de WANE Records), alias Cosm, a voulu décrire dans le court-métrage accompagnant « Caesar » une interrogation entre le premier et le dixième degré, à travers un érotisme fiévreux mais que l’on sent rapidement à contre-courant de son objectif premier. Il suffit pour cela d’observer le cadre d’ouverture de ce voyage visuellement à part : un rade paumé, deux piliers de bar, un tôlier et une télévision en noir et blanc sur laquelle apparaissent le producteur et Hermann Lopez (chanteuse et bassiste du 1969 Club) dont l’activité principale (à savoir, vider des bières) se voit perturbée par l’arrivée d’une bimbo en apparence innocente ; pas pour longtemps, cela va de soi. Dès que celle-ci pénètre dans les toilettes du lieu, on sombre dans le surréalisme le plus total, chaque geste devenant une source de sexe et de consonances corporelles et érotiques issues d’un imaginaire foisonnant, bien que méritant quand même une bonne thérapie… Mais qu’importe : tout y passe, y compris lors de l’entrée en scène d’une seconde nymphomane fétichiste des robinets et des statues. Quand on vous dit qu’il faut s’attendre à du lourd…
On oscille alors, notamment à travers des ralentis suggestifs parfaitement maîtrisés, entre l’invraisemblable et l’explicite, entre le rire et le malaise. Car « Caesar » n’est pas là que pour épater et amuser la galerie ; au contraire, il se pose comme l’étendard d’un mouvement anti-femme objet comme on en voit trop souvent dans des bandes américaines où des créatures de catalogues pour lingerie féminine sur papier glacé se frottent allègrement contre les corps huilés et bodybuildés de rappeurs ou autres chanteurs aux capacités cérébrales limitées. Et c’est bien là que l’intelligence du spectacle ici montré, et ne tombant à aucun moment dans la vulgarité, éclate à nos yeux ; sans être militant, le clip ironise pour mieux montrer du doigt la dérive de clichés trop ancrés dans la culture télévisuelle actuelle. Bien joué et pari réussi ; même si on ne se brossera plus jamais les dents de la même manière…
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