[LP] Fakear – Vegetal

Paru en début d’année, le premier album de Fakear a littéralement retourné la scène électronique française, faisant salle comble sur de nombreuses dates et l’installant comme un des tenants de la nouvelle scène électronique française. Aujourd’hui, le voilà de retour, complétant « Animal » avec un mini-album baptisé « Vegetal ». L’osmose est totale.

Nul besoin de présenter le jeune beatmaker. Et pourtant si son nom vous est encore inconnu, l’artiste a débuté sur le Web à travers quelques EPs digitaux avant de se faire repérer par le label parisien Nowadays Records, enchaînant 4 EPs d’excellente facture où il affine son art de la mélodie. En début d’année, il dévoile enfin « Animal », un premier album dans lequel il distille toutes ces années d’expériences passées à cultiver l’abstract hip-hop, qu’il mêle à une écoute des sonorités du monde, en digne héritier des artisans du label Ninja Tune – Bonobo en tête de liste. Aujourd’hui, sa musique résonne un peu partout en France, ses morceaux cumulent les millions d’écoute et ses concerts rassemblent des foules. Sa tournée européenne s’achève et il boucle le cercle de la vie avec la mixtape « Vegetal ». Totalement digitale, cette nouvelle œuvre de l’artiste caennais révèle chez lui une maturité inédite, avec une série de morceaux finement ciselés dans la plus belle des natures.

« Mantra » nous accueille sur les rivages solaires de son imaginaire, à coup de percussions ancestrales et de cordes rappelant les musiques traditionnelles des Andes. On se laisse paisiblement aller dans les volutes organiques de ses machines. « La Danse Des Étoiles » nous enveloppe dans une floraison de sonorités mystiques, secouées de beats et de nappes virevoltantes. Au fil de l’écoute, on se trouve transporter à travers le monde, enchaînant les mélodies comme on enchaîne les voyages. L’atmosphère ne cesse de se transformer, se faisant rêveuse sur « All Of Us », vespérale avec « First Sights » ou feutrée sur « La Chaleur Des Corps ». « Uprising » ralenti le rythme avec des percussions plus lourdes, qui nous invitent à nous arrêter quelques minutes avant le vertigineux « Jonnhae Pt. 2 », qui réalise la liaison avec l’album. Sur une montée très synthétique viennent se greffer peu à peu voix et objets sonores organiques, tout en cultivant une série d’accords mélodieux qui ensorcellent.

Fakear semble dessiner un chemin à mi-chemin entre les continents, multipliant les ponts entre l’Amérique du Sud, l’Afrique, l’Asie et l’Europe. Offerte en libre téléchargement sur Bandcamp, nous apprécions le geste de l’artiste qui délivre une musique sans se laisser emporter par des velléités commerciales. Ainsi, il complète ce fameux grand plongeon qu’est le premier album avec bien des idées derrière la tête, cultivant les reflets de son univers si singulier. Achevant sa mue, il signe ce nouveau projet chez Counter Records, sous-label de Ninja Tune. L’enfant prodige de l’électronique française passe de l’autre côté de la Manche et signe chez l’une de ses influences les plus fortes. Ninja Tune, mythique structure ayant participé à l’âge d’or de l’électronique anglais dans les années 90 et qui continue de nous offrir de véritables banquets sonores (en témoigne le futur album de Bonobo le 13 janvier 2017). Décidé à transporter sa musique aux quatre coins du globe, le voyage de Fakear ne fait que commencer.

crédit : Tom Oxley

« Vegetal » de Fakear est disponible depuis le 2 décembre 2016 chez Counter Records.


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Etienne Poiarez

Étudiant en master d’information-communication à Paris 3 Sorbonne-Nouvelle. Éternel adepte de Massive Attack et passionné de cinéma, d'arts plastiques et de sorties culturelles.