Modestes, un rien espiègles, Nico et Pablito se sont rencontrés sur les bancs de l’école. Swing Me Softly est né d’un amour commun pour le bidouillage sonore, pour ainsi mettre en musique le bitume et ses rues, dans un environnement jazz-soul où des sonorités rap et électro se bousculent avec respect. Au delà du rêve américain qu’il imagine, « Harlem’s Dream » est l’excellent projet d’abstract hip-hop de deux Montpelliérains invoquant la magie des Fugees et les célèbres fantômes qui peuplent l’Apollo Theater.

« Harlem est un haut-lieu de la culture afro-américaine. Billy Holiday, James Brown, Aretha Franklin, Lauryn Hill… Ils se sont tous faits connaître là-bas. L’Apollo Theater a révélé beaucoup de grand noms qui inspirent directement ou indirectement les musiques actuelles. Nous sommes de grands fans des Fugees et la musique afro nous inspire depuis toujours, du blues au rap, en passant par le gospel. » Aucun doute à avoir, Swing Me Softly rêve en grand, marchant dans les rues de la Big Apple, humectant l’odeur du jazz-soul environnant ou se contaminant de la frénésie chorale d’une église. L’ouverture sur « Apollo » agite des samples de chœurs soul dans de grosses basses analogiques serties de quelques notes de synthé en ritournelle, tandis que notre cœur n’arrivera pas à suivre la chamade de « Pawn Shop » et « Mr Who » qui s’animent énergiquement dans des grésillements cuivrés de cabarets old-fashioned.
Entres ces deux morceaux, « Harlem’s Dream » et « Playgroud » se déshabillent de certaines influences pour ainsi être les témoins de la vrai singularité du groupe, avec des sonorités qui se rapprochent davantage des premiers métiers des deux bidouilleurs. « Nous avons énormément d’influences abstract hip-hop. C’est un genre assez large qui regroupe pas mal de choses que nous écoutons. À la base, nous venons de deux univers musicaux différents. Nico faisait de la techno, alors que je (Pablito) faisais des instrus pour des rapeurs. Nous avons voulu joindre nos deux univers pour se tourner vers le genre de musique que nous affectionnons particulièrement, comme Al’Tarba, Wax Tailor, Chinese Man, C2C et tant d’autres. Pendant deux ans, après les cours, nous nous sommes amusés à mélanger du sample avec des synthés très électroniques, puis nous avons finalement traduit ce que nous avions en tête. » Techno et rythmiques hip-hop font la part belle au milieu de cet EP bien trop court pour en deviner toute l’ampleur. Malheureusement, faute de temps passé à swinguer dans l’air de New-York, nous sommes trop rapidement arrachés à cette imprégnation urbaine, cette heureuse nostalgie dont nous percevons tous les grésillements, du diamant sur le vinyle aux enceintes de l’Apollo. Il nous reste qu’à espérer que Swing Me Softly passe très prochainement au long format pour ainsi swinguer plus longuement avec les hauteurs bétonnées de New-York, doux et fort berceau d’une musique originelle.

« Harlem’s Dream » de Swing Me Softly est disponible depuis le 21 octobre 2016 chez Authentic Dope Records.
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