[Live] Judah Warsky au Badaboum

Contrairement au titre de son album, il n’est vraiment pas « Seul » en cette belle soirée Sold Out. Judah Warsky, tel un walker qui aime (se la) jouer en solo, déboule sur la scène d’un Badaboum chauffé comme il se doit par Guido Minisky d’Acid Arab.
En ce mercredi 28 octobre, jour de French Clubbing, organisé de main de maître par Polybrid, là où seule la langue de Molière est autorisée à s’immiscer, il va nous lancer une leçon de musique et de textes bégueules dans la gueule, que l’on se prend de plein fouet avec bonheur et honneur.

Judah Warsky © Nicolas Nithart

Échappé régulier des krautrockiens électroniques de Turzi, à qui il doit beaucoup mais qu’il boit finalement peu, ce grand écart lui sied si bien, lui qui joue sur scène écartelé entre ses claviers et ses paroles tantôt enragées, tantôt rageantes.
Bien qu’à l’aise soit l’anagramme d’asile, c’est en toute conscience et la fête sur les épaules que Judah Warsky enchaîne des titres tourbillonnants, aux paroles blêmes mais jamais blasphèmes.

« Je vole au-dessus des toits, au-dessus de toi, au-dessus de tout » pourrait être la punchline du projet, qui mêle et emmêle paroles oniriques et presque terrifiques, où chacun peut se reconnaître ou tout simplement se connaître.
Mathieu Cesarsky, alias Judah Warsky (ou l’inverse, tant les deux noms semblent être empruntés et d’emprunt), se livre Korg et âmes dans un tour de transe des situations de la vie quotidienne les plus incongrues, qui font écho et ne flattent pas toujours l’ego.
Comme dans « En soirée », lorsqu’on est seul dans une fête, un verre vide à la main, faisant semblant d’être accompagné pour, au final, s’emmerder. Comme dans « Seul », triste retour à la réalité pour beaucoup, qu’on se prend comme un coup de pied dans le derrière. Quand ce n’est pas pour tout envoyer valser, dans une danse à la gloire du ras le bol général où plus rien n’a de grâce à ses yeux, avec « Marre de tout », chacun y retrouvant son lot personnel de souffrances et d’outrances portées par une électro minimaliste et orientale orientée.
Warsky ne se loupe pas dans les loops et en remet des couches avec des layers d’hier et d’aujourd’hui. « Bruxelles » n’aura jamais été chantée aussi originalement et rivalise la ritournelle « Concorde » des Belges de The Subs.

Humains, empathiques, interpellant, les titres en français embras(s)ent la salle comble du Badaboum, qui bataille aux rythmes des beats qui n’en sont pas des petites. Le public s’incline devant le « je suis incliné » du psychédélique « Autobiographie », avant de se déhancher sur la flûte traversière magique de O, venu rejoindre sur scène la barbe du barde. Avant de laisser la place au psychédélicophile Flavien Berger, propulsé le temps d’une chanson pour y poser sa voix et apostropher le public avant son propre DJ set, programmé plus tard dans la nuit.

Le beau rebelle reviendra sur scène pour un ultime titre en anglais, histoire de remettre les choses à leur place dans un Badaboum désorienté et désorganisé, qui aura bu les paroles et les sonorités électroniques et arabesques du beau Judah Warsky comme du petit lait.

Ave Cesarsky !


Retrouvez Judah Warsky sur :
FacebookSoundcloud

Photo of author

Nicolas Nithart

grand voyageur au cœur de la musique depuis plus de 20 ans