[Live] Lilly Wood & The Prick au Club Soda de Montréal

En tête des ventes européennes pendant plusieurs semaines grâce à un remix, le groupe français profite de cette explosion pour étendre sa renommée internationale. Retour sur la première prestation du groupe au Canada, à l’occasion d’une tournée nord-américaine.

crédit : muzikinjection.com - Marie-Eve Loiselle
crédit : muzikinjection.com – Marie-Eve Loiselle

French Horn Rebellion

Située dans le quartier des spectacles de Montréal, la salle du Club Soda a de quoi séduire. Moderne, symétrique, avec un étage pour les places assises, plusieurs bars, à la fois grande et fournissant beaucoup de proximité avec le public, elle est tout ce que l’on attend d’un lieu pour passer un bon moment de musique.

Cette soirée d’avril commence avec un groupe qui n’a de français qu’une partie de son nom : French Horn Rebellion. Venu de Brooklyn (NY) et accompagnant Lilly Wood & The Prick en première partie sur quelques dates américaines, « french horn » désigne en fait un instrument : le cor. L’instrument à vent folklorique est à l’origine une obsession pour les deux frères fondateurs du groupe qui « sur Photoshop mettent des cors sur des choses qui ne devraient pas être photoshoppées ». Un malin plaisir qui fait d’un instrument rarement utilisé une mascotte, un personnage à part entière sur scène.

Cachés dans la pénombre tout au long de leur concert, les New-Yorkais enchaînent dès le début et sans aucune interruption des morceaux catchy. Le rythme est effréné et donne l’impression d’un groupe increvable débordant d’énergie. Au menu : une électro-pop vitaminée et bordélique, sorte de Two Door Cinema Club (pour qui ils ont fait un remix de « I Can Talk ») version punk. Les tubes comme « Caaalifornia » ou « This Moment » donnent une impression de déjà-vu, mais ne sont pas réellement accessibles au grand public. Les beats efficaces et les synthés mélangés au « french horn » parviennent pourtant sans mal à faire se trémousser le public au cor à corps.


Lilly Wood & The Prick

crédit : Alice Bruyneel
crédit : Alice Bruyneel

Dans un Club Soda bondé, c’est sur le titre de leur 2e album « Long Way Back » que la chanteuse Nili Hadida et le guitariste Benjamin Cotto pénètrent sur scène. Un clin d’œil au chemin parcouru jusqu’ici et une entrée en matière toute en douceur. Les titres les plus tranquilles des deux opus du groupe sont joués les uns après les autres (Let’s not Pretend, Where I Want To Be) et semblent être une découverte pour une bonne partie du public. « Box of Noise », un extrait du prochain album du groupe, enregistré en partie à Bamako au Mali et dans le Perche, sera l’occasion d’essayer un nouveau morceau sur une salle finalement peu réactive.

Jusqu’au moment où se joue « Prayer in C » à la moitié du spectacle, dans une version ressemblant davantage à l’original. Un moment visiblement très attendu du public qui s’est galvanisé sur ce titre, paradoxalement le plus connu du groupe grâce à un remix de Robin Schulz. Un morceau vieux de tout de même cinq ans et qui était passé inaperçu sur le premier album du groupe, « Invincible Friends » : une goutte d’eau dans la discographie de Lilly Wood & The Prick. Le remix a fait à ce jour plus de 155 millions de vues sur YouTube et a été numéro 1 en Europe des semaines durant. Sans ce succès, il est probable que les Québécois (et les étrangers francophones) ne se seraient pas autant déplacés au Club Soda de Montréal ce soir.

crédit : muzikinjection.com - Marie-Eve Loiselle
crédit : muzikinjection.com – Marie-Eve Loiselle

La deuxième partie du concert entre dans une dimension plus rythmée et dansante, avec en point d’orgue « Le Mas ». Un groove toujours aussi efficace et le seul morceau où Benjamin, le guitariste, lance quelques paroles : une voix grave qui affole la foule. Le premier grand tube de Lilly Wood & The Prick, « Down The Drain », annonce la fin proche du concert sous des stroboscopes intenses et surpuissants. Un retour sur « My Best » et « Little Johnny » clôturera définitivement la soirée.

On peut finalement parler d’un concert « best of » idéal pour l’exportation, mais qui manque de force, de mise en scène et de communication avec le public. On s’attend à un show spectaculaire à l’américaine et, finalement, tout se passe de façon très conventionnelle et sage.

crédit : muzikinjection.com - Marie-Eve Loiselle
crédit : muzikinjection.com – Marie-Eve Loiselle

Globalement, cette prestation n’apporte rien de nouveau par rapport aux précédentes dates auxquelles on pouvait assister en France. À l’occasion d’une tournée outre-Atlantique, on espérait tout de même des nouveautés réjouissantes et un show d’une autre dimension. Il est en revanche toujours aussi fascinant de voir le rapport qu’entretient Lilly Wood & The Prick avec sa musique, indépendante tout en étant diffusé sur des canaux mainstream.


Retrouvez French Horn Rebellion sur :
Site officielFacebookSoundcloud

Retrouvez Lilly Wood & The Prick sur :
Site officielFacebook

Photo of author

Yann Puron

Découvreur musical avide d'émotions fortes aussi bien sur disques qu'en concerts