Il y a ces projets sur lesquels, peu importe l’heure, l’écriture vient d’elle-même.
Il suffit de se laisser porter, par notre relation intime à la musique, à l’émotion qu’elle suscite chez nous, par les idées qui nous traversent, ou qui simplement effleurent nos pensées vagabondes.
Il y a ces artistes qui chaque jour viennent frapper à notre porte, viennent nous présenter leur projet, nous parlent avec conviction de leur musique, de ce bout intime de leur histoire, en espérant qu’elle nous touchera à notre tour.
Il y a ces morceaux qui résonnent en nous, sans qu’on puisse tout expliquer, peut-être est-ce l’émotion de l’instant, une symbiose entre un son et notre état d’esprit, peut-être est-ce finalement le plus grand des hasards qui fait qu’à cet instant T, l’évidence nous pousse à agir, nous pousse à laisser s’échapper nos pensées par écrit, nous pousse à libérer nos mots pour leur donner un nouveau souffle.
Il y a ces histoires qu’on se fait dans notre tête, sans savoir véritablement jusqu’où leur chemin nous emmènera. Nous espérons alors qu’elles nous transporteront loin, très loin, jusqu’à oublier pourquoi nous écrivons, jusqu’à oublier l’acte de penser, pour se laisser aller comme le vent au grès de nos impressions, de nos instincts.
Il y a ces mots que nous posons sur un projet d’artistes, sur ces bouts d’histoires rassemblées.
Il y a cet échange, une note contre un mot, un son contre une émotion. La musique comme interaction, comme humanisation de nos rapports souvent virtuels.

Ce soir, alors que la lune cache sa moitié, alors que la chaleur s’éclipse pour laisser place au bruit du vent, alors que le silence se terre dans l’obscurité, j’écoute mes sentiments et ce qu’ils ont à me dire.
Ce soir, j’écoute ce premier disque d’un projet qui jusqu’à tout à l’heure m’était totalement inconnu. Maine Coon, un quatuor parisien, qui comme nombre de ces artistes émergents a fait le premier pas vers les auteurs lunaires que nous sommes, qui derrière nos claviers questionnons nos sensations pour écrire notre relation à la musique. Inspirés et influencés par les notes et les voix, par tant de mystères qui nous amènent à nous livrer à chaque fois un peu plus.
Nous en revenons alors à cette relation essentielle au son comme à cette saine obsession d’écrire, alors que nous aimons foncièrement cultiver notre surprise autant que notre curiosité, alors que nous sommes demandeurs de nouvelles expériences pour laisser naître chez nous un nouveau regard.
Il me tarde de vous parler des deux titres.
D’abord de « Glowing Hide », piste atmosphérique, douce et légère qui démarre sur un clavier aux notes lumineuses, pour laisser la batterie, rapide, instinctive et animée l’accompagner. Dessus, la voix plus que le chant de Mathieu se répand dans l’écoute, comme imprégnée de ce climat énigmatique, ni serein, ni lourd.
Nous évoluons dans cet entre-deux entre chant et musique, où la voix devient un son, une intensité et une chaleur. Les guitares prennent alors le relai pour nous mener toujours plus loin, là où les riffs viennent s’échouer pour disparaître.
Avec la même poésie et spontanéité, nous nous trouvons alors entraînés par « Tattoo Girl ».
Entre ambiant et post-rock, la batterie guide nos pas et les notes mélangées des claviers et des guitares. Tout s’intensifie, tout s’emballe pour laisser l’énergie prendre le dessus.
Le chant de Mathieu se dévoile passé la seconde minute, rassurant d’abord, soutenu par quelques chœurs en retour avant de s’emporter avec hargne, peut-être trop… Alors que la douceur laisse place à la fureur, alors que le silence n’est plus, nous sortons de l’écoute d’un premier essai qui marquera quelques minutes, même plus de cette nuit en attendant avec impatience la musique qui animera ma prochaine journée.
« Glowing Hide » de Maine Coon est disponible depuis le 2 août 2014.
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