[LP] Doktra – Polygon

Sur « Polygon », le duo math rock américain Doktra prend 20 minutes de son temps pour nous expédier sept bons titres instrumentaux en pleine face.

Doktra - Polygon

Adam Mun à la guitare et James Stern à la batterie, le duo d’Indianapolis sait y faire pour nous accrocher en un rien de temps, un riff de guitare hyper régulier sur lequel vient se caler la batterie, ne manque plus que des changements de tempo qui ne préviennent pas et vous voilà préparés à affronter Doktra.

Premier envol sur « Halcyon » dont l’emballement progressif du jeu est dingue, presque outrancier, quand passé la deuxième minute, Adam joue toujours plus vite, toujours plus hargneusement de sa guitare comme pour égaler les frappes dures de son pote James. Mélodique malgré tout, on se prend d’attachement pour ces deux rentre-dedans qui dans le math rock ont trouvé une activité de fitness à leur image.

L’expédition « Vostok » se voudra quant à elle expéditive : riffs décoiffant de vitesse, martellement brutal derrière les fûts, on appréciera la transition vers un post-rock plus tendre avec nos oreilles avant une dernière bonne crise de folie.

Cela dit, Adam et James sont des types fréquentables malgré tout, et nous le prouveront d’abord sur le musclé, mais harmonieux « Oslo » avant le fougueux et entraînant « Madrigal ».

Plus punk dans l’esprit, on acquiescera d’un large sourire à l’écoute du vigoureux « Princess Saya » aux riffs véloces, jusqu’à en devenir complètement désorganisés. Un vrai playground totalement barré qui en deux minutes ne laisse pas de place à l’ennui. Quel (beau) bordel quand même !

Retour au math rock dans ce qu’il a de plus construit sur « Abshire ». Avec ses rythmiques impeccables qui peuvent se feindre d’un peu de légèreté et ses suites d’accords jamais ennuyeuses, tout tient ici parfaitement en place, quand bien même le titre vient à s’intensifier durablement pour se désintégrer dans un dernier effort.

Vu comme ça, on se dit que le modèle a bien été suivi par « PowerSexGod », autre très bonne surprise de ce disque. Avec une nervosité toujours au rendez-vous, on ne goute plus, on engloutit avec gourmandise les accords mathématiques éparpillés savamment par nos deux scientifiques. La toute-puissance sera notre récompense. Amen.

crédit : Cara Kinnally
crédit : Cara Kinnally

Sans chercher à révolutionner le genre, Doktra joue et s’amuse avec le math rock, sans s’imposer une certaine rigueur. Ludique jusque dans le choix des titres, qui nous inviteront à faire quelques aller-retour sur Wikipedia pour notre culture personnelle, Adam Mun et James Stern n’ont pas pris la grosse tête, mais quelque chose nous dit qu’ils auraient fait de parfaits savants fous !


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Fred Lombard

Fred Lombard

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques