J’ai découvert New Madrid à l’occasion de la sortie de leur premier long format, « Yardboat ». C’était dû au plus grand des hasards en août 2012 sur cette plateforme bien chère à mes découvertes musicales : le bien-nommé Bandcamp. Un fourre-tout musical où des artistes, souvent non signés, mettent leurs pistes en écoute au plus grand nombre en espérant attirer un œil bienveillant sur leur projet et récolter au passage quelques dollars pour distribuer leurs disques.
Mais revenons à nos jeunots de New Madrid, installés à Athens en Géorgie du Nord. S’ils revisitaient sur leur premier album l’americana folk de leurs parents et distillaient sur quelques pistes quelques passages progressifs, avec « Sunswimmers », leur second album, le quatuor nous embarque sans tergiverser sur des pentes abruptes d’un rock d’emblée accrocheur et incisif.

Sans parler d’album de la maturité, New Madrid a bien changé en l’espace de deux ans, même s’il conserve en partie les bases progressives de ses précédentes compositions, dès l’ouverture sur « All Around the Locust (out on the pavement) » du long de ses six minutes à l’escalade rythmée et intensive.
Mais la véritable révélation de ce second album tient en un single, « Manners ». Un véritable hit rock comme on n’en sort pas tous les quatre matins, profondément entraînant, avec ses riffs qui déménagent, ces petits coups de bourre en fin d’accord, et le chant de Phil McGill qui porte à bras le corps les couplets concernés quand ses trois compagnons le supportent aux chœurs sur des refrains aussi fouillis qu’habités.
Il y a quelque chose de profondément captivant dans ce titre, et c’est peut-être cet enthousiasme confondu à ce bordel organisé qui fout cette pagaille dans ma tête. Allez, je me remets la piste encore une fois.
Pourtant, les pistes suivantes n’ont pas à rougir. Le sérieux « Forest Gum » hypnotise à sa façon avec son chant droit et ses accords bien nets, la constance est marquante, entêtante.
Comme un clin d’oeil au petit frère, « Dead Legs » nous fait décoller de notre siège sur un americana folk agréable et tranquille.
La lenteur de « Find My Blood » aussi nous drogue avec son chant passif, presque lancinant et nonchalant aussi bien au lead que sur les chœurs. Et le meilleur (ou le pire) dans tout ça, c’est que le titre en devient irrésistiblement addictif.
On recroisera d’ailleurs cette forme de nonchalance caractéristique sur le génial « Homesick ». Un titre à l’allure calme, à la cadence douce, qui prépare la revanche dans la seconde partie du titre en commençant à chauffer les cordes des guitares et des basses, avant une descente douce et aérienne sur les dernières minutes post-rock. Un match gagnant en trois actes.
Dernière des sept pistes de ce second album qui ne calcule pas les minutes sur le très agréable « And She Smiles ». Un titre séduisant et plaisant avant tout, qui vit et vibre sur près de douze minutes au rythme de nos respirations. Une certaine excitation qui s’étend une fois de plus sur la durée, à travers des voix diffuses et de longs accords. Un beau final atmosphérique.

Sur son second album, New Madrid parvient, en changeant grandement la teneur de ses compositions, à se renouveler sans fausse note. Une destination plus rock, plus engagée et engageante qu’on se plaira à écouter longtemps.
« Sunswimmers » de New Madrid est disponible depuis le 25 février 2014 chez Normaltown Records et New West Records.
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