Liverpool nous livre une nouvelle sensation musicale !
Les Outfit, venus présenter leur indie dance à l’Alhambra de Paris le 6 novembre dernier, sont classés par le NME dans les 25 groupes à suivre. Nous ne nous faisons pas prier !

Leur album s’appelle Performance et celle qu’Outfit nous livre ce soir nous laisse une grande envie de « J’en reprendrai bien encore ».
Il est à ce propos à noter que les trente minutes réglementaires souvent imposées aux groupes de première partie ne peuvent que laisser tout le monde dans l’amertume. Beaucoup d’efforts et d’investissements pour les artistes en course contre la montre pour pouvoir se révéler. Béatitude du public qui se retrouve dans une sorte de coitus interruptus musical des plus frustrants.
Pour leur premier concert à Paris, le quintet mené par les frangins Hunt – Andrew et Nicholas – a du batailler sévère pour sélectionner les 6 titres qui feront chavirer le cœur des Parisiens. Car le généreux album qui compte 14 titres se montre véritablement sans failles.
Pour une mise en ambiance directe, le set démarre par le « House On Fire » qui vous file immédiatement des fourmis dans les jambes. Hasard des nouvelles sonorités électroniques, le morceau sonne comme du Stromae. Alors on dance.
On y retrouve même des sonorités caribéennes (se seraient-ils alliés avec les Reflektors ?).
Une voix à la Hot Chip, des beats qui pètent, le ton est donné.
crédit : Nicolas Nithart
Outfit est un groupe vieux de quatre ans, qui s’est pas mal cherché. Ses morceaux teintés de vie quotidienne empruntent parfois une voie plus mélancolique tel ce très posé « Thank God I Was Dreaming ». Nous nous restons les yeux bien grands ouverts devant ce beau rêve.
« Nothing Big », qui ouvre Performance, nous ramène doucement à la réalité avec un trip hop aux relents massiveattackiens. La voix se fait précieuse, avec un delay discret et efficace, les samples loopent en douceur et nous enveloppent méticuleusement.
« Spray Point » nous rattrape pour une balade sinueuse et alambiquée, aux accents de Morricone. Peut-être pas ce qu’ils font de meilleur, mais ne boudons pas notre plaisir de nous laisser s’égarer sur d’autres pistes musicales.
Ce léger écart de conduite est vite oublié avec une bombe à danser intitulée « I Want What’s Best ». Cela tombe bien, nous sommes tout aussi exigeants et Outfit ne dépareille pas de sa ligne de bonne conduite avec un titre entêtant, tout en montagnes russes de spirales et de loops.
La demi-heure imposée est déjà terminée. Dave Berger, frappe le glas tel un métronome (ses origines suisses y seraient-elles pour quelque chose) et nous livre avec ses comparses un « Elephant Days » magistral. Un final vitrine exemplaire, de tout leur savoir-faire, de tout leur savoir plaire.
C’est sûr, avec Outfit, on est bien équipé musicalement pour l’hiver.




