Douglas Dare – Seven Hours

Dans sa première déclaration, Douglas Dare mène avec “Seven Hours (EP)” l’intime délicatesse de sa musique en prose.

Douglas Dare - Seven Hours

Prodigieux. Le mot le plus juste pour décrire l’ampleur d’une telle œuvre. Logiquement, les éloges ne seront pas forcés, car la violence émotionnelle de Seven Hours percute au plus profond et seul Douglas Dare sait pourquoi.

Le label le plus rêveur du moment, Erased Tapes Records, a encore frappé. Après Lubomyr Melnyk et Michael Price, la maison aux mille merveilles accueille, sous de bons augures, le talentueux Douglas Dare, un autre digne héritier du courant modern classical. Ce songwriter originaire de Bridport et fils d’un professeur de piano engage sa route vers Londres guidé par son ambition musicale, et commence en 2008 à composer ses futures prouesses. Il supporte ensuite en première partie Ólafur Arnalds dans son tour européen, tout en gardant sous sa précieuse aile le phénoménal EP « Seven Hours ».

Une première lumière se dirige d’emblée sur Anthony & The Johnsons : piano, voix langoureuse, sonorités épurées, débordements lyriques… Mais à réflexion, la mécanique sensitive de Perfume Genius survient comme un cheveu sur la soupe. Un univers post-adolescent que Douglas abolit avec des titres matures et débordants d’assurance. Certes, les ingrédients ne seront pas les mêmes que ceux du parfum vaseux de Mike Hadreas, mais chacune des deux ambiances arrive à procréer une sorte d’amour idéalisé, une utopique ambivalence entre le passé difficile de l’un et la pure poésie de l’autre.

Un mélange qui macère donc vers des résonances magnétiques, le long d’écoulements hypnotiques de piano, et sa voix, gravement feutrée, se conjure à la douce hérésie électro qui survient sous-jacente derrière ces vibrations à cordes frappées. Son style d’écriture lui, élaborées avec ses propres poèmes et proses courtes, donne toute sa sagesse à la composition de ses quatres chansons. Ses vers s’écoulent dans les tintements de « Seven Hours », pulsent la balade cristalline « Scars » et la sporadique « Lungful » pour finalement déclencher de doux artifices électro sur « Flames ».

Une possession qui confère à l’obsession. Le chef-d’œuvre de Douglas Dare hante nos âmes les plus saines et promet, on l’espère, la sortie imminente d’un disque, persuadé qu’il fera des merveilles. En attendant, on se délecte de « Seven Hours » en remerciant le Saint-Esprit de nous avoir munis d’esgourdes.

Douglas Dare

« Seven Hours » de Douglas Dare sortie le 30 septembre 2013 chez Erased Tapes Records.

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Julien Catala

chroniqueur mélomane, amoureux des échanges créés autour de la musique indépendante