C’est bien par ce bruit de souffle qui fait tinter les arceaux de métal que s’ouvre le second album d’Alexandre Kinn. « Le vent se lève » donc alors que le brouillard se dissipe sur la suite de « Dans la tête d’un homme » datant déjà de 2008. Époque où l’homme d’un premier single, « Aude (Emmène-moi) », avait séduit son monde avec sa ballade folk-pop à la fois légère et raffinée, et au refrain ode à la vie et à l’évasion.

L’écoute démarre sur le solitaire « Marins », déclinaison folk à la manière d’un Cabrel, récit d’un retour à l’océan pour des marins pieds à terre : « Alors prenons la mer, compagnons laissons faire, les marrées qui désespèrent, de nous voir aussi fiers, à s’éloigner de l’essentiel, d’année en année ».
Sur ce nouveau disque, on retrouve les histoires fortes en description d’Alexandre Kinn, cette douceur dans les compositions comme cette couleur musicale entre nostalgie et tendresse où les souvenirs côtoient l’horizon.
Il y a ces ballades qui nous entrainent indéfiniment à l’aide d’un harmonica et de textes chaleureux (« Les folliculaires », « Le Vent », « Take It Easy » en duo avec le génial Hugh Coltman et « Babel ») comme celles qui nous arrêtent sur le bas côté de la vie (la séparation sur « Comme un mantra » et le regret sur « Famille »).
Parfois totalement récitées (« J’attends »), les histoires du recueil « Le vent se lève » tentent avec brio de bouleverser la narration autant que l’auditeur.
La grande traversée s’achèvera sur « Partir », composition folk raffinée conclue sur une longue tirade parlée « Quand tu aimes, il faut partir… ».
« Le vent se lève » n’est pas tant une suite au premier album d’Alexandre Kinn sinon un autre recueil d’histoires pas si banales, belles par leur sincérité et dont la saveur douce-amère permet de mieux cerner les deux visages du musicien hyérois.

« Le vent se lève » d’Alexandre Kinn, sortie le 23 septembre chez 17h, Idol et [Pias] France.