Troisième jour à Monts, ou comment profiter une dernière fois de cette 8e édition. Un peu d’amertume de quitter le festival dans les prochaines heures. Soleil, musique, rencontres et breuvages. Non, on n’a pas vraiment envie de quitter les pelouses cramées. Terres du Son sous le cagnard. Terres du Son un brin fatigué. Terres du Son 2013 troisième volet. On vous raconte une dernière fois.
Dimanche 14 juillet et on en oublierait presque qu’aujourd’hui, il y a quelque chose à fêter. Pourtant ce jour final sera inconsciemment festif à souhait.

Rappelez-vous ces albums « Martine ». Souvenez-vous cette fillette et ses aventures un poil sexistes. Totalement sexistes. Eh bien trois Tourangeaux dépoussièrent la chose. Martine On The Beach est libéré. Ça se passe sous le chapit’ô et l’ambiance est caliente. Des parasols, des maillots de bain et un bon son. Sur scène comme devant, la fiesta s’installe. Les pieds piétinent la terre et un nuage de poussière s’élève.

Ça swingue à coup de clarinette et de saxo. Ça s’électrise sur les notes de guitare. Ça tangue au son des platines. Charisme impeccable qui s’installe et voila qu’ils arrivent à nous mener à la baguette. Chœur dément dans le public. Pas de danse endiablés. Concubinage à trois : swing, électro et hip-hop music. Mariage réussi sous le regard d’une foule de plus en plus dense.

La « jeune fille » est venue en masse. La « jeune fille » a donné son avis sur la beauté du garçon. Elle s’est questionnée sur ses chances de repartir avec. Mais finalement sa voix s’est tue et celle d’Asaf Avidan a pris le dessus.

Car avant tout, ce concert est une histoire de voix. Entre chant sur la scène et cris dans le public. Hystérique d’un côté, éraillé de l’autre. Le choix est fait. Asaf Avidan semble s’arracher une partie de lui et de son âme à chaque mot. Terrible mise en abîme. Introspective.

L’Israélien nous offre une performance viscérale et déchirante. Un chant à fleurs de peau. Se risquant à marcher sur le fil. Dommage qu’on n’en retienne que les performances vocales. Dommage qu’on ne regarde que lui.

C’est un public déjà conquis qui s’amasse devant la scène. Ce même public passera son heure suivante, accroché aux lèvres d’Oxmo Puccino.

Il a cette aura de sage qui retient les foules. Il a cette poigne qui apaise les rages. Oxmo est un grand. Peut-on parler de force tranquille – sans faire échos à un slogan cache-misère ? Il est là, car il aime et tout ça transpire de simplicité. Il dépasse le rap et ses carcans, et transcende par des touches jazzy et nonchalantes. Il pose ses mots sur un instrumental de rêve. Piano. Basse. Guitare. Batterie.

Les musiciens s’amusent et nous amènent dans un tourbillon qui finira en une sorte d’électro-funk. Dancing géant des plus sincères. Car c’est peut-être là que le rappeur fait la différence : sincérité à toute épreuve. Un show imposant et profond.
Fin de soirée et malgré la fatigue, nos corps ne demandent qu’à pulser. Jukebox Champions pour nous servir. Et autant dire que la soirée était fracassante.

Deux survêts aux platines. Là, où certains échouent, le duo arrive à faire des merveilles, dans le jeu qui s’installe derrière leurs machines des plus surprenantes. Portés par une vidéo qui tourne et qui tient à elle seule un terrible rôle. Tout commence sur un « I love Hip Hop Music ». Tout se finira sur une partie de ping-pong. Entre temps, il s’en sera passé des choses.

Entre temps, il y aura eu plus d’une heure de pure magie. Les deux garçons et leur interprétation du mix est hypnotisante et vivifiante. C’est l’éclate, une dernière fois, sur Terres du Son 2013.

Trois jours de Terres du Son. Trois jours de plaisir. De tous les plaisirs. Aujourd’hui’, une chose reste à faire, posez vos congés pour l’an prochain. Mêmes dates (?). Même lieu.