Forte de ses précédentes deux éditions, l’association Burning Womxn reprenait ses aises à la Bellevilloise (Paris 20e) à l’occasion de la 3e édition de son festival les 21/22 septembre avec un joli programme ! Nous ne risquions pas de nous ennuyer ce week-end-ci, avec entre autres ; un dragshow, une conférence, un marché des créateur·rice·s, un plateau de stand-up, des concerts et surtout, la grande nouveauté de cette édition : des DJ sets all night long.

Fondée en 2020 par ses trois co-présidentes : Julie Dentzer, Marie De Lerena et Marion Degorce, l’association veut donner de l’espace aux femmes et minorités de genre dans l’art. C’est donc avec une approche féministe et intersectionnelle que s’est construite cette nouvelle édition autour de l’intime comme arme de lutte, à travers notamment l’exposition « Ça va bien se passer » montée en partenariat avec RVB Project.
L’ouverture du festival le samedi a permis au public de découvrir cette nouvelle dimension avec, au cours de l’après-midi, un talk ayant pour thème : « Le cabaret : un espace pour repenser la performance (du genre) et la chanson française ? », un atelier MAO proposé par We Make Noise ou encore un plateau de stand-up composé de Lou Trotignon, Tahnee et Alicia C’est Tout.
À l’heure des concerts en début de soirée, le festival bat son plein. Blank\\, première musicienne à jouer sur cette édition, est à ranger dans la case post-punk, mêlant basse et voix. Elle propose un set nonchalant et froid tel un noise rock agressif combiné à un féminisme affirmé qui ne négocie pas. Une performance remarquable qui sort de l’ordinaire.
Sheng enchaîne avec ses chansons pop urbaines. Si le style musical change complètement, nous restons sur une artiste avec une identité forte et revendicatrice. Nous ressentons à travers ses textes une douceur et une sensibilité touchante, notamment dans son dernier titre « FCK SCHOOL 拒学 ».
Avant de basculer à la partie nuit et de laisser place aux DJ sets, la Britannique Grove conclue la partie live du samedi soir devant un public sous le charme. Le concert est intense sur des sons à mi-chemin entre l’électro et le garage/punk. Mais c’est l’humilité et l’énergie de l’Anglaise qui rendent le moment unique en nous parlant en plus de queerness. Dans un lieu tel le Burning, forcément on adore.
L’étrange monde de la nuit s’empare de la Bellevilloise pour faire la transition entre la journée du samedi et celle du dimanche. Tandis que les sets s’enchaînent et que la nuit se fait plus brûlante, le public se laisse aller sur la musique et s’évade dans une dimension parallèle éphémère qui se referme au lever du jour.
La seconde journée commence. Après un dragshow haut en couleur et engagé sur les thèmes liés à l’actualité politique, nous retrouvons à nouveau trois artistes pour les concerts du dimanche.
Dushime ouvre le bal, et quelle ouverture émouvante ! La Belgo-Rwandaise s’ouvre à nous avec une musique transcendante. Ses messages universels, mélangés à sa personnalité et son histoire, transforment sa performance en une singularité qu’il ne fallait pas rater. Le Burning en est resté bouche bée, admirant cette artiste remarquable.
Difficile de passer après tant d’émotions, et pourtant le public ne sera pas déçu puisque Gaouta continue la soirée avec des chansons tout aussi intimes, personnelles et pleines d’humilité. Jouant tantôt de la batterie, tantôt de la guitare ou du synthé, elle nous emmène avec elle dans sa chambre pour nous présenter son univers, ses sons et son histoire teintée de violences patriarcales, de perte de repères et de romances toxiques.
Nous arrivons à la fin de ce week-end plein de suavité, d’émotions caressantes, de joie et également de larme tant ce fut une bouffée d’air dans un quotidien lourd. Pour conclure le festival, c’est Comagatte, la rappeuse italienne qui va mettre le feu à la salle. Ses chansons rythmées donnent une force incroyable pour continuer à se battre, à faire la fête et à nous révolter face à une société misogyne, raciste et toujours plus fasciste. Ses textes sont des coups de poings à une industrie sexiste que nous ne voulons plus, et des boosts de motivation pour ne plus se taire, ne plus se laisser faire et surtout se battre ensemble.
La fin du Burning Womxn 3.0 marque la fin de l’été, la fin des soirées ensoleillées. Mais ne soyez pas déprimé·e·s, l’association ne compte pas attendre l’été prochain pour proposer d’autres évènements. Parce que l’art, la fête et le monde de la culture ne vivent pas uniquement l’été. Donner de l’espace aux minorités est un long travail du quotidien, restez aux aguets pour retrouver rapidement d’autres évènements organisés par cette belle association.
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