Au moment de replonger dans une écoute de l’excellent « Spiderwebbed » de Stumbleine, j’en viens à me rappeler que la chillwave chez Monotreme Records ne se résume pas à un seul artiste. Et comme le hasard fait souvent bien les choses, c’est au tour de Sorrow de sortir de l’ombre avec « Dreamstone ».

Producteur bien connu de la scène ambiant anglaise, et fort de ses collaborations remarquées avec Stumbleine, Asa et Submerse, Sorrow déploie un univers puissant, comme une cartographie sonore des ambiances du monde.
Sur des beats apparentés au dubstep et à la résonance forte, Sorrow ajoute ses parfums d’orients sur « Elixir » pour composer un titre dépaysant et rythmé.
C’est d’ailleurs souvent cette recette qu’on retrouve tout au long de l’écoute de « Dreamstone », ce beat franc et dur, ces frétillements sonores comme un poisson se débattant dans les filets du pêcheur, contraste évident de ces sons doux laissant parfois échapper quelques notes de violons et autres battements d’ailes.
Invitation à la danse libre comme au grand plongeon, Sorrow pousse vers la détente du corps et de l’esprit.
Porté par moment par quelques collaborations avec Coma, au chant aussi sensuel que fantomatique, sur l’éponyme « Dreamstone » puis « Dalliance ».
Porte ouverte vers un désert, « Dreamstone » fait entrer le sable par bourrasques successives contrastant avec la douceur des dunes sonores formées.
Comme souvent sur ces projets chillwave, on émettra cette critique constante. Celle d’avoir l’impression d’entendre durant l’écoute un seul et même morceau partitionné, tant l’utilisation quasi permanente des machines domine jusqu’à l’étouffement et ne laisse pas assez ressortir les ambiances. « Dreamstone » souffre ici sur la longueur de ce formatage du genre qui dissipe peu à peu la magie des premières minutes d’écoute.

Alors que l’écoute avait pourtant bien démarré, c’est donc une sensation de lassitude qui s’empare de nous passée la moitié du disque, envolant avec elle certains espoirs de renouveau d’un genre assez formaté.
A écouter à petites doses donc pour éviter le mal de tête autant que l’écœurement.
« Dreamstone » de Sorrow, disponible depuis le 3 juin chez Monotreme Records.
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