Garciaphone – Constancia

Bien loin de se plaire à explorer le vaste monde du folk, Olivier Perez alias Garciaphone a tenu le pari sur son premier long format, très longtemps attendu et annoncé, de voir son univers grandir avec lui, mature et maitrisé.

Garciaphone - Constancia

Après deux premiers EPs, la relique folk Everyone Goes Home In October de 2009 où Olivier se dévoilait en solo et le plus récent Divisadora, où en 2011, le loup auvergnat quittait sa solitude pour former sa meute avec ses compagnons Matthieu Lopez à la basse, à la guitare et aux chœurs et Raphaël Brou à la batterie et aux chœurs.

Baignant dans les bacs à disques rocks et folk pop, Constancia est ce disque qu’on attendait du désormais trio, particulièrement engageant, résonnant des enceintes comme un revival 90s folk rock vibrant et saisissant.

Ouvert sur le magistral Bad Shepherd encore retravaillé depuis Divisadora, gagnant encore davantage en intensité comme en authenticité, Constancia nous fait plonger dans un folk abyssal dès Pt. Cabrillo, où l’on aimerait se perdre.

Goutant habilement au lo-fi, Constancia s’y adonne avec une tenue exemplaire, sans jamais exagérer dans l’exercice de composition pour nous offrir des titres à l’authenticité troublante comme sur « Tourism », hommage à ces monstres sacrés de ce rock 90s qui faisait la joie des scènes underground.

Plus effacé, tout aussi apprêté, Two Wounded Hearts s’abandonnera dans les bras d’un folk solitaire, recréant le lien sacré avec ses premiers amours d’Elliott Smith à Ben Kweller.

Difficile de ne pas parler de chaque titre tant l’évidence serait de les décortiquer un à un, mais laissons ce plaisir aux ethnologues. Orientons vos dernières secondes d’attention, entre autres, vers cette version retravaillée du Tornadoes de 2009, qui en conservant sa saveur originelle via sa boite à rythmes métronomique, s’offre un ré-enregistrement classieux, et quelques apports électriques bien venus.

On saluera à l’écoute de Constancia la qualité d’enregistrement de ce disque conçu au Black Box Studio d’Angers avec Peter Deimel.

Mon seul léger regret sur Constancia sera de ne pas retrouver ce délicieux moment folk lo-fi saupoudré d’une nostalgie fragile, « Robinsons », en hidden track. Mais à quoi bon chercher à refaire un disque qui fonctionne déjà à la perfection.

crédit : Sébastien Camboulive
crédit : Sébastien Camboulive

Non, sérieusement, n’en doutez pas, Constancia est un disque superbe. Interprété avec un amour sans borne pour la musique indé et développé avec tout le talent et l’inspiration qu’on pouvait deviner de Garciaphone. Il aura fallu l’attendre quelques années, pour certains une éternité, mais ce premier album arrive à point nommé ; quand la maturité rencontre le talent…

Constancia de Garciaphone, sortie lundi 22 avril chez Talitres Records.

garciaphone.com
facebook.com/garciaphone

Fred Lombard

Fred Lombard

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques