Si tu n’as rien contre les titres qui ne dépassent pas les deux trente et qui font brûler le moteur dès les premiers coups de pédale, alors peut être que le nouveau Papaye sera pour toi.

Derrière son nom fruité, c’est pour le trio nantais l’occasion de nous servir quelques fraiches gorgées de leur jeu hyper vitaminé, sorte de math rockabilly – comprenez le croisement entre le math rock et le rockabilly à la saveur très 60s – à la fois technique, précis, excentrique et entrainant.
Quasi-instrumental, exception faite avec le furax « Grapes », Tennis perturbera les non-aguerris d’un rock anticonformiste qui joue vite, très vite, et sans jamais sauter une note.
On aimera chez Papaye, le choix des titres parfaitement foutraques, entre l’absurde et l’inédit, comme « Moquette miroir », « Non mais vraiment j’t’aime j’te jure » et « Super, marcher ! ». À cela s’ajoutant bien sûr l’impossibilité d’en percevoir la moindre logique. Mais est-ce bien important ?
« Tennis » nous ouvre les portes d’un univers bordélique, sorte de fourre tout électrique, où s’entassent les influences 60s comme 80s de trois musiciens agités du bocal soutenus par un label qui ne demande que ça, Kythibong.
D’une surf music hardcore sur « Moquette miroir », on passe sur le math rock aux ruptures nettes de « La maturité » pour aborder l’instable « Monica Seles », aux riffs insistants comme un concours de dactylo rapporté à la guitare, et conclu par l’apparition d’une trompette. Fou.
Avec des frappes éclair envoyées par le duo de guitares, et un batteur aguerri durcissant avec consistance le jeu de ses coéquipiers, Papaye envoie des boulets sur le court en treize aces gagnants.
Il est temps pour moi de rentrer au vestiaire et de prendre une douche bien froide, car ici, ça chauffe !

« Tennis » de Papaye sortira le 24 avril chez Kythibong.