Deux espaces bien précis se côtoient dans le cadre visuel de « Gyrophare » : celui, intérieur, de l’isolement et du testament génétique, des preuves à faire quoi qu’il en coûte, des réminiscences. Et celui, ample et exacerbé, de la liberté guidée par l’amour, de la rencontre à l’échange suprême. KACIMI regarde briller les lumières qu’il poursuit, les distinguant tout au long du clip afin de prouver leurs profondes différences.

Tout d’abord, le paraître : dans une pièce hermétiquement close, deux hommes s’observent, se sourient, se serrent l’un contre l’autre. Un passage de témoin, une ambition filiale bientôt destinée à ne pas être respectée, pour ne plus s’égarer et parvenir à s’épanouir. Dans ce monde immaculé, un visage nous éblouit enfin, féminin, pur, innocent. KACIMI, avec l’aide d’Alexandre Schild à la réalisation, expose l’attraction et les sentiments dès qu’ils offrent à ceux qui les vivent une force prête à éclater, au dehors, loin de destins tracés à la va-vite. L’humain au centre de tout. Le « Gyrophare » qui, montrant des signes de faiblesse, change de véhicule spirituel, de camp.
Soudain, le souvenir s’empare de nous. La perception de la vidéo se modifie. Le passé refait surface, quelques secondes, fugacement. Et les individus se mélangent, s’entremêlent dans une cohérence nouvelle et intense. Tandis qu’un sublime baiser nous émeut et nous hypnotise, nous percevons, dans les étoiles qui entourent le couple, dans ces tonalités bleues, rouges et roses, une recherche de signification par la sensibilité. Définissant la tendresse et la dépendance à l’autre sur un fil intemporel, KACIMI permet toutes les interprétations, de l’affection à la famille, du rationnel au fantasme.