Rencontre avec LAGO

Duo pop parisien formé autour de deux frères, Benoît et Max, LAGO sortira fin octobre son premier EP « Enduro », suite logique de leur premier single « Trigger ».
Parce que leur projet est encore jeune, et que les deux musiciens jouent la carte de la discrétion sur leur collaboration, je leur ai proposé une interview afin de percer quelques mystères autour de LAGO. Place à la rencontre sur indiemusic.

LAGO

  • Bonjour LAGO. Si j’ai bien tout compris, c’est un projet fraternel ?

Si tant est que nos parents ne nous aient pas menti : oui.

  • Comment on se dit un jour, je vais former un groupe avec mon frère ?

Benoît : Même si LAGO est le premier projet concret que nous faisons ensemble, nous avons toujours joué de la musique chez nous. Depuis nos débuts en guitare classique pour Max (aujourd’hui batteur du groupe) ou en flûte traversière pour moi, Benoit (chant et guitare), jusqu’aux différents projets que nous avons pu avoir séparément et dans des styles très différents (du punk au funk en passant par l’électro), nous nous sommes toujours joué nos morceaux l’un à l’autre. De plus, il y avait toujours de la musique chez nos parents, nous avons donc une culture musicale commune et un même langage.
Au final, LAGO s’est fait assez naturellement : j’avais des morceaux, Max a commencé à taper sur ses cuisses, et les morceaux sont devenus bien meilleurs. On a quand même un peu bossé derrière.

  • Si votre projet devait avoir une définition musicale ou poétique, comment le présenteriez-vous ?

Benoît : On nous pose beaucoup de questions sur notre nom et au final je pense qu’il y a toute la définition de notre musique. Le côté rock et énergique du « Go ! »,  la sonorité un peu hispanisante, plus exotique, tropicale. Et enfin la mélodie, plus féminine : c’est elle la go du groupe. Mais en fait, on est des gens très simples.

Max : et fan des Lakers, L.A go.

LAGO

  • Votre premier EP « Enduro » sortira le 21 octobre prochain. Le projet de cet EP vous a-t-il demandé un temps de réflexion : on compose, on écrit, on tourne ou c’est venu rapidement, instinctivement : on fonce et on verra bien ?

Benoît : La vraie réflexion dans LAGO ne vient pas au moment des compositions, mais avant et après : qu’est-ce qui nous définit vraiment musicalement? Qu’est-ce que notre spécificité ?

Max : Une fois que l’on a été capable de répondre à ces questions tout va assez vite : Ben écrit, J’arrange, on répète, on revient sur les compos, on travaille les samples et les boucles ensemble et on finalise en studio de répétition.
Du coup compositions et live sont assez imbriqués, mais il faut aussi rendre grâce à Sayem (youaresayem.com) qui nous a aidés à trouver une unité en live, et à Julien Briffaz de Bot’Ox (botoxmusic.com) qui lui a fait ce travail sur notre son en réalisant notre EP.
C’est important que des personnes extérieures au projet interviennent à un moment donné pour pouvoir prendre du recul sur ce que l’on fait.

  • Sur cet EP, on trouve le titre « Trigger » illustré par un premier clip intrigant où vous portez tous deux une sorte de télévision du futur sur la tête et des banderoles en alu sur le torse. Et même si je cherche à aller plus loin vous passez à travers une porte spatiotemporelle en bois. Faut-il y voir un message particulier ? Et si oui, quel message, quelle vision vouliez-vous donner de ce titre en réalisant cette vidéo ?

Benoît : Il s’agissait à la fois d’illustrer le morceau, qui traite de l’importance de trouver des « déclencheurs » (trigger) dans nos vies, qu’ils soient positifs ou négatifs pour nous faire avancer. Qu’il s’agisse d’un objet de fantasme inatteignable (personnifié par Georgia Azoulay dans le clip) ou pas, l’important est de continuer à courir, quoique qu’il y ait derrière chaque porte.
Mais plus métaphoriquement pour le groupe, il s’agit de notre premier titre.  Au tout début avec des boites sur la tête, nous ne sommes que des personnages sans réelle identité, et puis on enlève le masque.
Le fait qu’il y ait différents apports visuels, qu’il s’agisse des casques futuristes, de la forêt enfumée ou du vieil homme un peu moyenâgeux symbolise aussi l’éclectisme de nos influences qui créent notre « univers ».
Quant aux banderoles en alu, c’est juste qu’on est vraiment très beau avec. C’est notre cadeau au monde de la mode !

Max : Emmanuel Morvan, le réalisateur, avec l’aide de Benoît, a réuni nos deux passions : courir dans la forêt avec un air très concerné, et la musique.

  • Trigger n’étant pas le seul titre de l’EP, pouvez-vous me présenter les autres morceaux de cet album ?

Benoît : Le deuxième titre toujours produit par Julien Briffaz, « Fountain of Youth », décrit un personnage vieillissant, angoissé par cette idée et qui cherche sans y parvenir des moyens d’y remédier. Il se rend rapidement compte que la jeunesse n’est que dans le « possible ». Ça nous faisait marrer de mettre cette chanson sous une forme très joyeuse, avec des percus, très pop, très entrainantes pour contrebalancer ce qui y est dit. Musicalement, on est dans la lignée de Trigger, avec ce mélange d’électro, de percussion, et de rock (surtout en live).
Nous avons également la chance d’avoir des amis très talentueux en la présence du groupe Équateur (courez acheter leur EP Aquila qui vient de sortir et qui est une petite bombe) et de Monsieur Alan Gay qui remixent chacun le morceau Trigger et l’amènent dans des contrées que nous n’aurions jamais exploré !

  • Dans votre bio, vous terminez par un « Et on est sympa ». Un exemple de gentillesse concrètement ?

Benoît : Je n’ai pas hurlé sur mon petit frère lors de la dernière répète et je lui achèterai surement un cadeau pour son anniversaire.

Max : Tout en moi n’est qu’amour.

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  • Quelle place donnez-vous à l’électronique dans votre projet au regard d’instruments plus conventionnels ?

Benoît : Quelle que soit la musique que l’on joue aujourd’hui, l’ordinateur semble une pièce incontournable de l’enregistrement. Nous, on l’utilise à tous les niveaux, mais en tant qu’instrument à part entière. Dès les maquettes, pour chercher à étoffer le son, à emmener ailleurs les compositions, à exploser un peu le format pop et creuser vers ce qui fait notre spécificité.

Max : Nous sommes tous les deux des instrumentistes « traditionnels » et au final une de nos originalités est  de penser l’ordinateur (ce qui englobe pour les samples, les sons, les synthés, les effets) comme un instrument traditionnel que l’on joue, aussi bien sur scène qu’en studio.

  • Je n’ai pas eu l’occasion de vous découvrir en live. Un concert de LAGO vu du public, ça donnerait quoi ? Et vu de la scène, un public de LAGO, c’est comment ?

Benoît : Un concert de LAGO c’est d’abord d’essayer d’emporter le public avec nous pour pouvoir l’emmener là où il ne s’attendait pas. Bien sûr, c’est aussi beaucoup plus d’énergie (rien ne remplace une batterie en live !) et de l’amour. Parce que notre public est beau.

Max : Un subtil mélange entre le public de Michel Sardou et celui de One Direction. Mais en mieux.

  • Avez-vous prévu des prochaines scènes ?

Benoît : Le 13 mars à la dame de canton à Paris, le 20 mars au Batofar (projection Efterklang), le 30 mars à Lorient, le 2 mai à l’International à Paris également… et pleins d’autres dates qui seront précisées plus tard sur notre site ou sur notre Facebook : suivez nous !

LAGO

  • Allez, comme moi aussi je suis sympa, je vous laisse conclure cette interview ! Et merci !

Benoît : Courez écouter et voir toute la nouvelle scène française qui foisonne en ce moment avec nos potes Bot’Ox, Équateur, Alan Gay, Sayem mais aussi des groupes comme GriefJoy ou The Popopopops. On est prêts, on est près de chez vous, n’est-ce pas merveilleux ?
Et merci à toi !

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Fred Lombard

Fred Lombard

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques