Sixième album studio pour les Anglais d’I Am Kloot, « Let It All In » peut justement être situé parmi les plus beaux disques pop de ce début d’année.

Alliant tournures folks et blues à une pop à l’élégance absolument anglaise, le trio mancunien sacre son retour trois ans après le tout aussi remarquable « Sky At Night ».
« Let It All » démarre sur un blues très épuré, celui de « Bullets », montrant manifestement qu’avec un jeu dépouillé et une vraie personnalité, on peut faire des merveilles.
Ce sera facile d’enchainer sur la pop song de « Let Them All In », véritable porte-parole de cet album mené par John Bramwell au chant et à la guitare, qui accompagné du jeu de batterie dépouillé de Andy Hargreaves me rappellera ces bons souvenirs quand j’écoutais il y a six ans, déjà, »Life Is Still Beautiful » de The Orange Lights, regrettable fils unique de ce projet avorté trop tôt.
Mais, quoi qu’il en soit, revenons à nos autres Anglais, à ce « Let It All In » qui invite même le jazz à côtoyer sa pop, sur « Hold Back The Night » où la voix de John Bramwell devient déchirante et les paroles révélatrices d’une imagerie poétique soignée dans l’écriture des textes : « We just can’t keep on running/Hold back the tide/And the waves of reason/Guilty of treason/Once again/Stop all the seasons/The sun and the rain/Until you stop believing ».
La suite se trouve aussi séduisante de la délicieuse pop de « Mouth on Me » et du très doux « Even the Stars », au nostalgique parfum rétro de « Some Better Day » et « Masquerade ».
On finira en douceur sur « Forgive Me These Reminders », dixième et dernier titre de cet album essentiel et plaisant, à l’instrumentation une fois n’est plus coutume clairsemée et délicatement introduite.

Un bel album pour passer le reste de l’hiver en attendant le dégel au printemps, qui se laisserait apprécier un thé à la main sous un chaud duffle coat.
« Let It All In » d’I Am Kloot est disponible depuis hier chez Pias.