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[EP] Laura Clauzel – Paria(H)

Rencontrer Laura Clauzel à travers sa musique n’a rien d’une expérience anodine ; en effet, « Paria(H) » est d’une exceptionnelle perfection et d’une indéfinissable beauté, nous exposant une artiste n’hésitant pas à se mettre artistiquement à nu devant nous pour délivrer des chansons aussi bouleversantes que magistrales. L’âme dans toute sa complexe splendeur.

La féminité, sujet délicat s’il en est de nos jours, est pourtant une source intarissable de pureté et d’émotions fortes lorsque chacun de nous s’y trouve confronté. Montrant à la fois la force de celle qui la porte, en elle et autour d’elle, et la fragilité d’une vision indemne et immaculée du monde, elle demeure le meilleur tableau de l’humanité. Écouter Laura Clauzel, c’est se retrouver comme frappé de plein fouet par le charme et la personnalité d’une créatrice ne laissant rien au hasard et explorant tout ce qui lui est offert et qu’elle assimile, intérieurement et socialement. De ce fait, « Paria(H) » est un opus inoubliable, pour de nombreuses raisons ; la principale demeurant son évolution constante et partagée entre musiciens, chanteuse et auditeur. Une communion sensorielle aux allures de cérémonie nocturne, intronisant les passagers solitaires que nous sommes dans un monde ensorcelant et lumineux.

Laura Clauzel n’aime pas se plier à des formats préconçus et simples d’accès ; chacune de ses créations est un sommet de maîtrise et d’inventivité, où le timbre s’unit aux cordes et percussions en une symbiose parfaite et idéale. « Female » invite au voyage dans ses échos de piano, cordes et chœurs éblouissants, vision angélique et militante de la femme que la batterie entoure et protège. « Golden Boy », sûrement la pièce maîtresse de l’EP, offre à son introduction a cappella une puissance évocatrice d’images dépaysantes lorsque rythmes, contrebasse et chorale à l’intonation grave se muent en un chant de libération et de revendication de soi, sur des terres brûlées où l’injustice se voit alors combattue et vaincue. Puis, on erre dans des rêves cinématographiques et dramatiques grâce à « The Face of Shame », tourbillon où l’envol vocal provoque les larmes, la mélancolie et l’introspection, de même que l’interrogation de nos attitudes face à l’étranger, l’exclu, le banni, l’incompris ; avant de clore une recherche personnelle de l’identité grâce à « You and Me », complainte fantomatique des heures égarées, d’une cruelle et indicible absence.

« Paria(H) ». L’être qui n’est pas accepté par un groupe, car différent, dérangeant, à part. En choisissant ce nom et en mélangeant son orthographe française et anglaise (tout en ôtant sa soi-disant supériorité à l’homme du fait des parenthèses entourant la lettre « H ») afin d’appuyer sa résonance au-delà des frontières, Laura Clauzel ne se met pas en marge ; à l’inverse, elle montre qu’elle a puisé sa force dans cet isolement, dans les idées reçues qui peuvent tant faire souffrir. Se retrouver en dehors du cercle peut être une douleur ; s’en inspirer pour exister et, ainsi, pénétrer en son centre, en totale liberté, est une place qu’elle nous convie à partager auprès d’elle. Et à vivre, plus fort, plus intensément. Plus humainement, sans doute.

crédit : Philippe Lévy-Stab

« Paria(H) » de Laura Clauzel est disponible depuis le 10 novembre 2017 chez Cantrix Production.

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