[Clip] SiAu – Ce soir je sors

Autant le dire sans détour : retenez bien le nom de SiAu, car vous risquez d’en entendre souvent parler dans les mois à venir. Pour preuve, « Ce soir je sors », véritable errance libre et sans limite d’une femme abandonnée et méprisée, vise juste sans jamais sombrer dans le moindre cliché. Un titre frappant à plus d’un titre, mais surtout passionnant à regarder et à se passer en boucle, sans interruption ni lassitude.

SiAu n’aime pas s’enfermer dans un genre en particulier. Non, au contraire, il cherche avant tout le détail, l’instrument, le rythme qui donnera à ses mots l’impact nécessaire pour nous plonger dans les méandres de ses pensées, de ses opinions et des défenses qu’il établit et bâtit, aussi bien pour lui que pour celles et ceux qu’il prend sous son aile. Ainsi, « Ce soir je sors » aurait pu sombrer dans le mélodrame le plus insipide et larmoyant, redite inutile de nombreuses prouesses visuelles totalement à côté de la plaque. Ici, il n’en est rien ; on peut même parler de lettres de noblesse musicales et cinématographiques retrouvées, dépoussiérées et remaniées afin de leur apporter une consonance moderne et rassurante. Qu’importe la lâcheté des uns ou des autres ; nous sommes là pour vivre, et SiAu nous y invite avec un talent rare.

Tout commence par une ballade idyllique, une fête sur le point de se produire afin de célébrer l’union de deux êtres qui va, rapidement, finir dans le caniveau. La voix de SiAu nous inspire et nous transporte dès les premières secondes, portée par des instrumentations entre lendemains de fête et mélancolie. À nous, maintenant, de suivre la mariée brisée, entre vapeurs d’alcool et déambulation nocturne au cours de laquelle même une danse improvisée, en état d’ivresse, est magnifiée par la réalisation scrupuleuse et humaine de Vianney Meurville. L’histoire évolue, entre joies éphémères et exaltation instrumentale, dans une osmose idéale et sans temps mort. Trois arts – musique, danse et cinéma – dont la rencontre est une évidence, une union irréprochable et majestueuse. De victime, la mariée, brillamment interprétée par Elena Lemercier, devient vengeresse lors d’une ultime séquence jouissive et dont la motivation première n’est plus à prouver. « Ce soir je sors, ce soir je souille mon corps, mon âme, mon cœur, cet âne, mon cœur, ce con, mon cœur… » Finalement, n’est-ce pas l’inverse qui se produit ? Grâce à ce moment mouvementé et éminemment communicatif, nous sommes prêts à pardonner la moindre des faiblesses ; et que celui qui n’a jamais pêché d’une aussi belle manière, et pour les mêmes raisons, me jette la première pierre…


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