[EP] Reliefs – Sans mer

C’est fou comme la musique a une âme. Une énergie, une force qui parfois nous transporte, nous émeut, nous donne envie d’aventure et tout autant de frissons.
La musique pour compagnon, pour partenaire, pour avancer toujours plus loin.

crédit : Julie Poulin
crédit : Julie Poulin

Celle du trio post-rock montréalais Reliefs ne manque pas de vie. Formé autour de David Lévesque à la batterie et aux percussions, d’Alexandre McGraw à la guitare et au piano et de Maxime Sollier à la basse, le groupe pose son idée sur la table, un titre pour seul guide de notre imaginaire et nous laisse seul avec pour interpréter le titre joué.

Libre à nous donc de vivre les trois titres de ce premier EP intensément, avec leurs palpitations, leurs tremblements, leurs phases d’arrêts et d’explosion.
Reliefs est une aventure riche en rebondissements, parfois fragile, risquant la foulure à chaque sursaut, mais qui tient bon.

« L’espoir renaît dans la mégapole » ouvre cet EP comme l’énième épilogue d’une aventure qui ne fait que commencer. Ici, tout se structure, se met en place, et Reliefs se voit constructeur-architecte d’une nouvelle cité. Pour nous, c’est surtout le départ d’une belle aventure, emportée par les accords et rythmiques presque mathématiques de trois garçons farouches.

Apaisants, les premiers accords joués sur « Il neige à Montréal » servent d’hymne aux paysages recouverts. Ils nous racontent la métamorphose de la ville par le froid, subit et glacial.
Il y a comme un vent de mélancolie dans cette musique descriptive, animée par des vagues de chaleur et de riffs, qui enflamment le temps d’un court instant la brise fraîche. Tout n’est que lutte dans cette poésie sonore qui a tant à raconter.

Plus sombre et auguste, « Le début de la fin » nous installe dans les méandres d’un post-rock instinctif et rongé par les sentiments. Évocation d’un périple obscur où la fin fait corps à la nuit. On assiste peut-être là au coucher du soleil, à cette transition lente entre le jour et la nuit, où les états sont bouleversés, où l’on s’éblouit des dernières lueurs pour vivre avec intensité notre obscurité. Passionnante conclusion abyssale d’un premier EP à la narration instrumentale libérée, dont nous ne sommes pas pressés de voir le bout du tunnel.

« Sans mer » de Reliefs est disponible depuis le 24 juin 2014.


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Fred Lombard

Fred Lombard

rédacteur en chef curieux et passionné par les musiques actuelles et éclectiques