[LP] Ty Segall – Freedom’s Goblin

À chaque mois de janvier, un nouvel album de Ty Segall à la clé. Cela commence à devenir une habitude depuis maintenant 2016 et le bien bizarre « Emotional Mugger ». Après nous avoir impressionnés (et encore, « impressionnés » est un oxymore) avec son opus éponyme il y a un an pile, l’enfant terrible du garage-rock psychédélique rempile avec un double album intitulé « Freedom’s Goblin ».

Oui, il s’agit bel et bien d’un double album, quand on y pense. Ty Segall souhaite retrouver la gnaque et la motivation de ses albums précédents, à l’image de « Manipulator » en 2014. Cette fois-ci entouré de son groupe The Freedom Band et de Steve Albini, que l’on ne présente plus, le jeune trentenaire californien nous montre l’étendard de son talent en dix-neuf titres. Et, sans surprise, il nous en fait voir de toutes les couleurs après nous avoir longuement teasé cet opus à travers quatre nouveaux morceaux ces derniers mois.

Les hostilités débutent avec « Fanny Dog », où les grosses distorsions de guitare et les cuivres vont de pair. Dès le départ, Ty Segall met la barre très haute et ira nous offrir un contenu plus qu’hétérogène avec des morceaux pop-folk mid-tempo aux allures sixties, comme le très beau et très dylanesque « My Lady’s On Fire », « I’m Free », « Cry Cry Cry » et « You Say All Nice Things », mais aussi des bonnes trouvailles funky et originales qui donneront envie de sortir nos pattes d’eph, à l’image de « Every 1’s A Winner », parfaite reprise groovy de Hot Chocolate, ou encore les allures discoïdes de « Despoiler Of Cadaver », le saxophone déjanté de « Talkin 3 » et de « The Main Pretender » qui, elle, frôle le free jazz.

Mais où sont les déflagrations, me direz-vous ? Pas de soucis, le Californien nous a prévu une bonne dose de gros son heavy, à commencer par « When Mommy Kills You », « Shoot You Up » et « Alta », ou du punk bien rageur avec « Meaning »,conviant madame Segall aussi remontée que son mari. Mais tout ceci n’est rien comparé aux deux grosses pièces du boucher que sont le stoner heavy bien apocalyptique du nom de « She » où les riffs fuzzy et les solos déglingos frôlent le mur du son pendant six bonnes minutes mais, également, le dernier morceau de l’opus,« And, Goodnight », long de douze minutes (et qui est, en réalité, une autre version de son standard « Sleeper »), où l’on passe du calme à la tempête sans interruption, avant de revenir à l’apaisement sur les dernières secondes.

A l’heure où l’on craignait un quelconque manque d’inspiration, Ty Segall a mis les bouchées doubles sur l’impressionnant « Freedom’s Goblin ». En dix-neuf titres et soixante-quinze minutes de musique, le prolifique et prodigieux Californien nous offre un condensé de son talent, en passant du rugueux au doux ou par des moments originaux, sans jamais se perdre dans ses idées. Assurément, son meilleur album après « Sleeper », sans aucun doute. Rendez-vous en janvier 2019 pour la suite ?

crédit : Denee Segall

« Freedom’s Goblin » de Ty Segall est disponible depuis le 26 janvier 2018 sur Drag City Records.


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