[Live] The Blind Suns et Talisco au Chabada

Article écrit à quatre mains par Sébastien Michaud et Fred Lombard

Jeudi soir, la scène pop française a cavalé au club du Chabada. Une chevauchée paisible au milieu des grand espaces, à l’image des Angevins de Blind Suns et leur surf pop garage ensoleillée, mais aussi effrénée et plus épique pour les Bordelais de Talisco, détenteurs d’un tube en béton armé.

Talisco © Fred Lombard

En première partie de soirée, les trois Angevins de The Blind Suns ont confirmé que les titres de leur premier album, « Baltic Waves », étaient bel et bien taillés pour la scène. Une pop lumineuse, semblables à ces ampoules suspendues au-dessus des trois musiciens, sobre mise en scène au service d’un set limpide où la musique se suffit largement à elle–même.

Alignés de gauche à droite : Romain, Dorota (guitares, chant et chœurs) et Jérémy (percussions) ont fait preuve d’une belle assurance (fruit de leurs nombreuses autres expériences scéniques – Scarlet, Eagles Gift, Deathgazer, The Paddocks…), retranscrivant à la perfection le côté « feel good music » de leur album. Un disque sous forte influence Raveonettes, certes, mais d’une richesse mélodique sans faille, à l’image du tubesque « Rockfeller », joué en tout début de set. Mention spéciale également à « Personnal Way Of Love », « Golden Years » ou encore au plus recueilli  « Luna ». Le groupe ne lésine pas sur la reverb’ pour souligner la force hypnotique de ses compositions : un choix assumé et ô combien judicieux. The Blind Suns, valeur désormais sûre de la scène pop-rock angevine, nous transporte ailleurs. Où cela ? À chacun son Eldorado sonore, mais il se situait certainement pour beaucoup ce soir-là haut, très haut dans les nuages…

Suite des réjouissances avec Talisco, second trio de la soirée, en tournée nationale et internationale depuis des mois pour la promotion de son premier album, « Run ». Face à un (bon) public totalement acquis à sa cause et à celle du fameux tube « Your Wish », Jérôme (leader chanteur – guitariste du projet), accompagné d’un batteur et d’un percussionniste/guitariste, va s’évertuer durant plus d’une heure à restituer au mieux le son de Talisco à grands renforts de samples et d’amplis poussés parfois au volume maximum.

Le concert s’ouvre sur le singulier « Sorrow ». Musiciens plongés dans la pénombre et brèves explosions de lumières pour une entame de set résolument énergique. Tout semble apparemment bien parti afin de restituer fidèlement l’esprit à la fois pop et rock du projet. Mais quelques morceaux plus tard, malheureusement, Talisco adopte un maquillage électro-pop bien plus balisé, un son trop actuel pour être tout-à-fait honnête, flirtant avec le rock FM… Malgré l’énergie déployée par les trois musiciens pour faire bouger leur public, on peine sincèrement de notre côté à entrer dans un concert où l’esprit initial de l’album semble être resté aux vestiaires. Bien sûr, l’album de Talisco fonctionne comme une machine à tubes (The Keys, Bring Me Back, Follow Me), mais le traitement scénique qui lui est appliqué ce soir lui fait perdre une partie de son éclat.

Allez, ne boudons pas notre plaisir en fin de concert… D’abord avec ce « My Home », rejoué dans une version plus intimiste, puis avec l’excellent « Everyone », durant lequel l’osmose entre le groupe et son audience est totale. Mais le regret d’un concert trop formaté, où l’énergie aura trop souvent pris le pas sur la subtilité, demeure. Rester rigoureusement fidèle à un album, sur scène, peut parfois avoir du bon…


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