Metronomy : The Canadian Riviera à Montréal

Impossible de commencer ce live report avec « Metronomy signe son grand retour à Montréal ». Leur dernier concert dans la métropole québécoise remonte  à octobre 2011. Mais New York n’étant qu’à 6 heures de route du Métropolis, le groupe du Devon a décidé de venir faire un dernier saut, cette fois-ci dans l’une des plus grandes salles de Montréal et pouvoir redonner au public son fix des tubes ensoleillés du dernier opus, paru il y a un an tout juste.

Mais avant de pouvoir danser au son de l’électro pop chéri des adolescents, une première partie bien particulière prend place. Il est 20h30,  Sandro Perri et quatre autres garçons entrent sur scène, et la plus grande incompréhension s’installe.  Bienvenue pour un voyage en Malaisie.

Deux claviéristes, un bassiste, un guitariste chanteur et un batteur composent Sandro Perri. Après une salutation cordiale, le groupe commence, la musique est belle parfois, remplie de trouvailles mélodiques plus ou moins géniales. Mais ça reste une musique réglée au millimètre près. Jugez plutôt, toutes les chansons suivent le même modus operandi : le chanteur sélectionne un sample sur son lecteur Mp3 puis chacun commence à jouer sa partie.

Le problème de ce genre de méthode est évident. Il ne permet aucune erreur, aucun changement. La spontanéité et la fraicheur n’existent donc pas.  D’ailleurs deux des cinq membres lisent leurs partitions et pour clôturer le portrait, ajoutons que le batteur change de rythme à chaque fois que des spectateurs frappent dans leurs mains. Ce qui est agréable sur disque devient souvent imbuvable sur scène.

Une demi-heure pénible plus tard, les XX sortent de scène pour finalement laisser la place aux Metronomy.  Il est 21 heures et les quatre avancent sur scène sous les acclamations d’une foule déjà déchaînée. Pour directement jouer Some Written avant de créer la folie avec The Bay. Le son est simplement magnifique. Pêchu et parfaitement réglé. Un véritable régal.

Depuis la sortie de The English Riviera, Metronomy est passé de trio à quatuor. La défection de Gabriel Stebbing (parti s’occuper de son projet Your Twenties) a fait opter Metronomy pour  l’ajout de deux nouveaux membres.  Un petit coup de génie. Jugez plutôt.

D’abord Gbenga Adelekan à la guitare basse.  Il passera la soirée à haranguer la foule, venir la travailler au corps. Et ce son… le son du groupe est transcendé par son jeu totalement mélodique. Anna Prior ensuite. La nouvelle batteuse à la robe pailletée fait figure d’apparition au milieu des trois autres garçons proprets…  Mais elle est surtout une batteuse remarquable. Il faut la voir remuer sa crinière rousse en martelant le rythme de « Corinne ». La touche de sensualité de la soirée.

Le Metronomy de 2012 n’a donc plus rien à voir avec celui de la tournée précédente au set ultra court qui se finissait dans un bain de sueur. L’ajout de ses deux nouveaux membres libère totalement Joseph Mount et Oscar Cash. Les deux autres membres (respectivement chanteur et claviériste) se montrent détendus…  Oscar Cash assume totalement son rôle de Weirdo avec des petites chorégraphies. Quant à Joseph Mount, il est concentré à rendre le plus fidèlement ses œuvres.

On sent différentes catégories de fans dans la fosse. Les jeunes, passionnés par The English Riviera. Et d’autres, plus vieux qui s’excitent dès les premières notes des extraits de Nights Out (A Thing for You, Radio Latio Holiday, Heartbreaker…).  Conscient de son public, Metronomy a conçu sa setlist ultime, ne laissant jamais personne seul dans son coin. La boum parfaite en somme. Le groupe prend même le temps de changer quelques détails : The Look prend une teinte plus acoustique, plus sensible. Everything Goes My Way perd quelques effets de percussions…

Le groupe terminera par un rappel dément en enchainant We Broke Free, On Dancefloors et Trouble…

Si ce concert a gagné en professionnalisme, le groupe du Devon n’a rien perdu en authenticité. Joseph Mount continue son chemin avec des chansons à propos de sentiments bien réels plaqués sur des nappes de claviers synthétiques. Ça peut sembler contre nature, mais ce soir-là, c’était délicieux.

Crédits photos : Guillaume Lemay

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