[Live] Levitation France 2014 – Jour 2

Après une première journée marquée par une programmation inégale (excellentes prestations néanmoins de Kadavar, Joel Gion, Orval Carlos Sibelius, Zombie Zombie, Eagles Gift…), Levitation France 2014 nous offre sur ses deux scènes une seconde partie plus vitaminée et sans doute aussi plus cohérente, plus puissante…

The Soft Moon
The Soft Moon

Article écrit à six mains par Fred Lombard, Sébastien Michaud et Yann Puron.


Pow!

Pas besoin d’attendre des lustres pour la première bonne surprise de la soirée : dès 16h30, les San-Franciscains de Pow! mettent tout le monde d’accord ave leur surf-punk déjanté à la Black Lips.

La recette fait mouche : quelques touches électro psychédéliques combinées à un rock brinqueballant aux accents psychobilly. Byron Blum (guitare, chant, lunettes de soleil vintage et chemise à pois), et Melissa Blue (clavier Moog, béret noir et cheveux teints en vert) incarnent sans trop forcer la coolitude californienne sous un soleil nettement plus présent que la veille.


High Wolf

Changement d’ambiance en salle. Le jeune « gourou » High Wolf nous plonge dans un monde bien à lui, à la fois percutant et introspectif.

Au carrefour d’influences africaines, indiennes et centre-américaines, le musicien français donne naissance au moyen de sa guitare et de ses machines à un métissage à la fois envoûtant et sauvage. Le spectacle est total, jusque dans les projections sur écran de tribus exotiques dansant à l’unisson. Le psychédélisme tribal a bel et bien un nom : High Wolf.


Amen Dunes

De ses trois albums, c’est surtout le dernier, « Love », paru en milieu d’année qui nous avait surtout séduits : un folk lent, planant et atmosphérique.

En live, même ressenti : les minutes s’étirent et le charme opère. Difficile de ne pas se laisser emporter par la voix « Tom Pettyesque » du chanteur-guitariste Damon McMahon. Nul besoin d’en faire des tonnes, dans ce contexte, pour le claviériste Parker Kindred et le batteur Jordi Wheeler. Amen Dunes, c’est le charme et l’élégance combinés.


J.C Satàn

Les Bordelais de J.C Satàn avaient déjà fait forte impression lors de leur dernière venue au Chabada, l’an passé, en ouvrant pour Sexy Sushi. Emmenés par l’infernal couple Arthur et Paula, notre bande de tatoués préférés nous a encore régalés de riffs secs et noisy au service d’un garage-rock insalubre et méchamment entraînant.

Explosifs sur scène, les cinq musiciens distillent sur scène un son lourd que les « Levitationistes » n’ont pas boudé un seul instant. Un son massif auquel l’ampli de Dorian, au clavier, n’aura finalement pas survécu… C’est dire ! Très grosse claque une fois de plus.


The Asteroid #4

Vétéran de la scène rock psychédélique depuis près de 20 ans, The Asteroid #4 n’en est plus à son coup d’essai. Héritiers de Dylan, les cinq musiciens à la dégaine de cow-boys offrent au public de Levitation un rock subtil et un panorama XXL de la scène psychédélique actuelle.

Ryan van Kriedt et Scott Vitt, regards complices, se partagent le chant, offrant au public angevin de larges extraits de leur nouvel album éponyme, sorti ce mois-ci. Un disque témoignant d’une empreinte et d’une influence indéniable du quatuor de San Francisco sur bon nombre de nouveaux groupes de la scène psyché. Les « anciens » ont rarement tort !


Holy Wave

Holy Wave ? Un petit bijou de « psych surf » venu tout droit d’Austin. Un répertoire tout aussi irrésistible que les visuels sur grand écran accompagnant la prestation du groupe.

Une musique spontanée, immédiatement saisissable. On ressent bien sûr l’héritage des Blacks Angels ou encore de Night Beat… Qui s’étonnera dès lors que le quintet soit signé chez The Reverberation Appreciation Society ? Un set chaleureux et vivant, fidèle à l’esprit de « Relax », leur dernier album en date.


White Hills

On s’attendait à du space rock. Force est d’admettre qu’on s’en est bien rapprochés… White Hills, ce formidable trio new-yorkais, fusionne le glam rock (tendance latex moulant et paillettes), avec le psyché et le métal. Hello Kiss, Metallica et Iron Maiden !

Malgré un set moins en phase avec le reste de la programmation de cette journée, pas évident de résister à l’énergie sans borne déployée par les trois musiciens. Mentions spéciales à son leader déjanté, Dave W, en slim couleur or, et à la très « expressive » bassiste (pour éviter toute allusion trop graveleuse !) Ego Sensation, captant environ 95% des regards de la gente masculine du public…


Moon Duo

Passé à la formule trio sur scène, Moon Duo a trouvé un concept efficace : faire du Suicide version psychédélique. Rythmes répétitifs et guitares saturées. Il est bien question ici de transe, d’hypnose.

Entre le barbu grisonnant Ripley Johnson, armé de sa sublime Airline blanche, et la « machiniste en chef » Sanae Yamada, dont la frange vient masquer mystérieusement le regard, il se trame quelque chose de fort, d’impalpable sur les planches. Une véritable communion entre deux esprits et assurément un des moments les plus forts de la soirée.


Quilt

Quatuor psych pop originaire de Boston aux fortes réminiscences 60’s (à l’image de Jacco Gardner et The Holydrug Couple), Quilt réchauffe les cœurs à la fraicheur de la nuit tombante.

Le groupe offre une relecture fidèle de son second album, « Held In Slendor », sorti cette même année. Chaque musicien à droit à son instant de gloire au micro : la séduisante Anna Rochinski (guitare et orgue), mais aussi le bassiste Keven Lareau, le guitariste Shane Butler et même le batteur, John Andrews ! Une parenthèse pop-folk délicieusement apaisante.


The Soft Moon

Attention, nom trompeur : « La douce lune » qui débarque sur la scène indoor n’a que peu de choses en commun avec celle qui veille paisiblement au dessus du Chabada… Entre rock noisy, shoegaze et post-punk, The Soft Moon dégonfle instantanément l’esprit « peace & love » qui régnait quelques instants auparavant.

Rythmiques lourdes et métalliques, riffs acérés et claviers froids comme la mort. Aux commandes de cette machine infernale, l’incroyable Luis Vasquez, chantre d’une vraie folie électro rock. The Soft Moon déroule un rock instinctif, primal et, thanks God! pour les plus « new waveux » d’entre-nous, sous forte influence de The Cure et Joy Division à chaque note de basse. Grand concert.


Allah-Las

Très attendus par les amoureux du son psyché « west coast », Allah-Las nous offre comme prévu un véritable road trip… Le groupe excelle dans l’art de la pop « sunshine » et insouciante, dansante même, au goût d’été et de grands espaces.

Un vent de plénitude souffle sur la scène extérieure du Chabada, face à ce groupe soudé auquel viennent s’acoquiner par instants le claviériste de The Revelators et un « tambourine man ». « Get Your Kicks on Route 66 !», chantaient les Stones des années 60 : message reçu 5 sur 5 par Allah-Las avec la projection durant tout le set d’une ballade en décapotable sur le mythique axe américain. Un brin clichesque, mais efficace.


The GOASTT

Fils de Yoko Ono et de « qui vous savez », Sean Lennon a mis ses projets solo entre parenthèses pour venir présenter au Chabada son projet rock-pop : The Ghost Of A Saber Tooth Tiger. Malgré un passage assez décevant lors de la dernière édition de Rock en Seine, force est d’admettre que ce nouveau projet a de l’allure : osmose des musiciens, chant « John Lennonesque » de son frontman (au cas où vous ne l’auriez pas encore compris) et « glamour attitude » du côté de sa girlfriend, le top-modèle Charlotte Kemp Mulh.

Sean maitrise parfaitement sa guitare et semble prendre un réel plaisir sur scène, totalement synchro avec le reste de sa formation. Côté visuels ? Du psyché évidemment… Un dessin animé aux accents ésotériquo-écolos, des démultiplications des cellules au graphisme 60/70’s… Un show vintage assumé. The GOASTT pille sans honte et avec talent dans l’héritage Pink Floyd et Beatles (période patchouli, forcément). Clap de fin sur le concert via un rappel quelque peu improvisé (on vous expliquera tout cela dans une future interview…) et un excellent final instrumental. Jeux de lumières au diapason et tirage de chapeau du maître : la parfaite conclusion d’un show généreux et bourré de classe.


Loop

Conclusion 100% rock’n’roll de cette seconde et dernière soirée, Loop, monte sur scène à une heure plus que tardive, mais se montre fidèle à lui-même, implacable et inimitable. Groupe culte de drone londonien, séparé en 91, Loop ne déçoit pas depuis l’annonce de sa reformation l’an passé.

Robert Hampson à la guitare, Hugo Morgan à la basse et Wayne Maskell à la batterie délivrent un rock heavy-shoegaze jouissif et sans concession, aux basses écrasantes. Du psyché version grisaille anglaise, sans paillettes, lorgnant vers les assauts soniques de My Bloody Valentine. Quoi de mieux, en définitive, que ce « wall of sound » pour clore l’hypnose collective qu’aura constituée cette seconde édition de Levitation France !


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