[LP] Last Train – Weathering

L’érosion n’était pas un second choix pour Last Train, quatuor rock porté par les vents de l’Est, au moment d’entériner le choix du nom, « Weathering », de son premier album. En creusant avec ardeur et sincérité les racines de ses influences, entre heavy rock, blues et psychédélisme, le meilleur argument touristique de la ville de Mulhouse à l’export nous impose une heure de silence le temps d’un enregistrement en tous points redoutable. Justesse, efficacité, puissance et passion sont les fruits mûrs de ce long format qui fera sans nul doute date.

Six mois après l’EP « Fragile », ultime préparation physique pour Jean-Noël, Julien, Tim et Antoine avant le grand saut ; que nous réserve aujourd’hui « Weathering » ? De ce premier album, nous retrouvons d’emblée quelques titres familiers, déjà issus des précédentes productions des rockeurs. Des tubes insolents, audacieux, fougueux qui ont construit au fil des dernières années la réputation sulfureuse de Last Train sur scène. Parmi d’autres ; la mèche allumée du heavy blues de « Fire », la rage dévorante et passionnée de « Way Out » ou la toute première démonstration de fougue, « Cold Fever », auront su créer à n’en point douter quelques vocations chez les jeunes musiciens en devenir et affoler en parallèle les rockeurs plus aguerris par l’audace, la ténacité et la technicité de cette belle bande de potes qui n’ont définitivement pas fini d’aligner les singles avec une facilité presque déconcertante.

Les heureuses nouveautés ne manquent pas non plus à l’appel. Entre le monumental « Between Wounds » dont l’introduction, digne d’un classique des Rolling Stones, serait parfaitement en mesure de réveiller toute la ferveur d’un stade et « Sunday Morning Son », impeccable transition brit pop tirant son inspiration des « Urban Hymns » de The Verve et du « (What’s The Story) Morning Glory? » d’Oasis, non sans rappeler à travers ses toutes premières notes de piano, l’universel « Imagine » de Lennon, nous sommes définitivement en bonne compagnie. Ne manquaient plus alors à l’appel que ces autres démonstrations du savoir-faire des Alsaciens, capable de distiller les sentiments tortueux avec soin et autant de puissance (« Dropped By The Doves », « House on the Moon ») ou de tout détruire sur leur passage et celui de la foudre électrique de « Never Seen The Light », électrochoc rock proche du pétage de plomb. Plus que jamais à leur aise dans cet entre-deux singulier entre pop songs et heavy blues, le quatuor français nous offre également quelques instants magiques à l’instar de l’admirable ballade « Golden Songs » ou du final dantesque « Weathering ». Conscient de son succès et de ses considérables atouts, Last Train récompense ses auditeurs avec un premier album admirablement bien rythmé, partagé entre des hymnes puissants, dans le feu de l’action et jamais en reddition (« Never Seen The Light ») et des ballades blues prenant le temps de gagner en intensité (« Time ») pour mieux s’imposer. Un très grand groupe, définitivement !

crédit : Lucie Rimey Meille

« Weathering » de Last Train, sortie le 7 avril 2017 chez Cold Fame Records et Barclay.


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