Rencontre avec un prince noir du néo-folk, Kentin Jivek

Kentin Jivek est un artiste pour le moins intriguant et mystérieux. Depuis plusieurs années, ce troubadour voyageur né à Bordeaux, a adopté Paris pour y pratiquer son art.
Auteur, compositeur, il propose à qui veut l’entendre des textes aux parfums de ses rencontres, de ses voyages et des mythes qui l’ont toujours inspiré.
Rencontre avec un artisan de la néo-folk, Kentin Jivek.

  • Bonsoir Kentin ! Comment vas-tu et quelles bonnes nouvelles as-tu à annoncer ?

Très bien, merci. En ce moment, je prépare pas mal de choses ; principalement le live et le prochain album. Il y aura des collaborations dessus. Les dates à l’étranger ouvrent aussi d’autres perspectives.

  • Pas mal de projets ! Tu es maintenant rendu à ton 7ème album. Tes débuts musicaux, ça date de quand ?

Véritablement en 2004, quand je suis monté sur Paris pour y vivre et me rapprocher de certaines personnes.

A l’époque, je commençais à produire moi même les albums. Il faut croire que plus je fais d’albums, plus je me bonifie. J’en suis à mon septième album comme tu l’as dit, et à chaque fois le concept de l’album tire ses origines de choses personnelles, et de l’histoire de certains pays qui me touchent particulièrement.

  • Ta musique est, il est vrai, très marquée par les voyages et les rencontres. Peux tu me proposer un panorama de ces voyages que tu as pu faire ?

J’ai voyagé en Grèce ; le berceau des mythes, en Norvège dont je voue une certaine obsession depuis tout petit et en Allemagne. L’Allemagne est un pays qui m’a toujours soutenu, et son passé fait que les gens sont, selon moi, plus sensibles à toute forme de création artistique. Depuis Berlin, je ne suis plus le même homme.

J’ai également pas mal été à Londres ; le berceau du neo-folk, qui est mon style musical. Là-bas, les concerts te changent la vision d’une performance. Il y a une spontanéité du lien chez eux. Et puis à Londres, il y a les punks, Camden et ses bières.

Me déplacer et bouger, c’est ma vie, pour discuter partager des choses en tant qu’être, avant d’être demandeur pour une date.

Par exemple, Porto et le Portugal j’y pensais depuis un an et ça se fait ce mois ci. L’Argentine est un pays où je garde contact avec beaucoup de gens, malheureusement j’ai dû annuler une date pour causes logistique et budget.

Mon style regroupe tout ce qu’un pays et ses gens vivent, et puis si on cherche bien le folklore des musiques traditionnelles est très présent dans ces lieux. En France, c’est plutôt le pop-folk bien formaté pour le grand public. Mais je ne peux en vouloir à personne, au contraire.

  • Tu as toujours eu cette passion pour le voyage ou peut-on dire que c’est grâce à la musique que cette envie de découvrir le monde est véritablement apparue ?

Je pencherais plus pour la seconde option. Il n’était pas concevable pour moi de m’en tenir à un vase clos pour écrire et composer mes morceaux. C’est pour cela que j’ai toujours veillé à travailler aussi les langues et en apprendre de nouvelles. Je veille à m’adapter et après écrire en ayant des réflexes différents que lorsque je m’exprime en français.

Dans mon processus de création, je commence toujours par les textes, et la musique vient après.

Je n’aime pas la frustration alors j’emprunte des chemins de traverses et je me donner les moyens de mener à bien mes projets.

Pour continuer à exister et à évoluer, je considère qu’il faut chercher la confrontation, avoir peur et parfois se perdre, puis se retrouver et parler. Je lutte contre toute forme de rétention, s’il y a bien une chose que je déteste c’est le silence, il n’y pas pire sentence.

  • Ce qui explique ta propension à l’écriture et la composition, je me trompe ?

Exact.

Mais aujourd’hui, j’en suis encore plus content car je collabore avec d’autres musiciens et j’opte plus pour des textes comme participation et un certain jeu de guitare pour des mélodies. Toujours garder l’essentiel.

Et il est vrai que si je n’écrivais pas tout cela, je serai déjà à l’asile ; il m’est impossible de rester inactif.

J’ai un fort besoin d’expression, et donc quand on ne peut pas jouer sur scène, on le fait ailleurs ou on répète pour compenser.

Et, ainsi on produit.

  • On va parler des collaborations dont tu parlais en début d’interview ? En quoi consistent-elles ?

J’utilise ce que je fais de mieux avec le groupe ou la personne, nous avons des goûts communs mais un savoir faire différent.

Pour ma part, je m’occupe des textes et je manifeste un certain savoir faire à la guitare, surtout douze cordes en ce moment.

  • D’accord. Si tu devais retenir quelques titres de tes albums précédents, lesquels choisirais-tu et pourquoi ?

« La Maigreur élégante » car elle représente les prémisses de mon style, « Little Black Scorpions » qui dégage une atmosphère douce et simple, « Quelle Importance » étant donné qu’elle permet de faire jouer un maximum de gens dessus, et encore dessus, j’aborde le thème de l’amour fantasmé. Il y a aussi « Et vogue la Verve » qui est pour moi une victoire sur le fait d’écrire une chanson en français avec une démarche anglo-saxonne.

« Eight New Prophecies » et « Ode to Marmaele » sont des albums qui ont sauvé ma vie.

  • Sauvé ta vie, comment ça ?

Ils m’ont rassuré sur le fait que je savais évoluer et sortir des chansons que j’aime écouter chez moi, ce que je ne faisais jamais avant sur mon travail, avant qu’on attaque la scène.

En les enregistrant, j’ai frôlé divers problèmes, histoire d’être sur le fil du rasoir, et j’ai tenté d’y mettre le maximum de sensibilité.

Je me suis dis, si tu cherches à te détruire mieux que personne, tu n’auras rien à craindre du reste désormais. Et j’ai ainsi passé des mois entiers à travailler mes textes et mes compositions pour ces deux albums.

  • Je comprends mieux. Merci pour cette explication. Ce nouvel album que tu vas enregistrer prend-il la même direction ?

Non. Il sera plus posé et libre, mais il prendra la forme d’un double album, avec disons 11 titres CD1 5 titres et CD2 6 titres.

Il y aura plus d’ambient et de mélodies qui tournent ; j’utilise deux nouveaux instruments qui me permettent de coller au concept que je me suis fixé.

Les thèmes auront tous un noyau commun.

  • Et ce noyau sera ?

Je ne veux pas en dire plus pour le moment

  • Laissons le temps nous le révéler !

Oui et puis ça me perturberait de dire ce qu’il en est, ça ne me donnerait plus envie de faire cet album…

Même s’il est vrai que je laisse en suspend en filigranes des indices. Pour cela, il faut suivre mon twitter par exemple, ou ma page perso facebook.

  • Très bien, les lecteurs de indiemusic pourront ainsi faire leurs curieux !

Bien vu !

As-tu quelques coups de cœurs musicaux à partager ? Ou autres d’ailleurs ?

Le nouvel album de Death in June – Peaceful Snow, le mouvement cobra en peinture post seconde guerre mondiale et Jakob Böhme, un illuministe, le premier philosophe allemand.

  • Des coups de cœurs qui sont autant d’influences à ta musique et à ta créativité artistique plus généralement ?

Plutôt des choses qui participent à mon bien-être pour travailler dans de bonnes conditions. Je « n’aspire pas » ces artistes, ils voguent dans mon habitat et me permettent d’apprécier le temps qui passe.

  • Pour quand ton prochain album est-il prévu?

En juin 2011 et certain titres de cet album seront joués avant, en live.

  • Je ne te demande pas le nom de cet album bien évidemment.

Le titre est déjà trouvé mais il faut l’intégralité de l’œuvre pour le cerner, c’est mieux…

  • Et sinon, des dates de concerts à venir pour toi ?

Je serais à Porto le 25 février, et en Juin à Bucarest – une date en Pologne est en discussion en ce moment, et je vise New York et Buenos Aires pour la fin d’année.

  • Et la France dans tout ça ?

C’est pas encore le moment, je pense.

  • Très bien. Une citation, un message aux lecteurs pour finir l’interview ? Libre à toi !

Nul n’est prophète en son pays, et le meilleur reste à venir, toujours !

  • Merci infiniment Kentin. Et bonne chance avec tes nombreux projets !

Merci Fréd !

Retrouvez Kentin Jivek sur :
www.myspace.com/kentinjivek
http://twitter.com/KENTINJIVEK
www.kentinjivek.blogspot.com

Partager cet article avec un ami