Kasabian au Théâtre Corona : Leicester attaque !

L’excitation était palpable le 28 mars dernier à Montréal. Kasabian, machine de festival européenne, groupe de tournée dantesque en Angleterre traverse l’Atlantique pour promouvoir son dernier LP Velociraptor. Quatrième album où Kasabian continue de prouver qu’il est tout aussi intéressant pour ses concerts bouillants que ses sorties discographiques.

L’événement est complet depuis des semaines, un bien bel honneur pour saluer le retour des 4 de Leicester de ce côté-ci de l’océan. Honneur que le groupe va mettre un point d’honneur à rendre à un public qu’il n’avait pas vu depuis 5 ans. Changement de niveau pour Kasabian, les Anglais de Leicester jouent cette fois au Théâtre Corona, un  cran au-dessus par rapport à leurs deux derniers concerts dans la métropole canadienne à la Tulipe.

La première partie fut assurée par Hacienda, groupe de pop-blues en provenance de San Antonio. Constat très rapide : les Kasabian n’ont pas pris de risque. Si les Hacienda ont pour eux  un sens de la mélodie et un guitariste irréprochable, leurs compositions hésitent beaucoup entre un blues texan dément et une pop trop gentille. Mais le potentiel est là, à surveiller donc. Leur set d’une heure se finit par un court remerciement pour Kasabian, déclenchant la clameur de la foule.

L’attente encore. Le décor de scène provoque des petits cris d’excitation une fois dévoilé.  Les lumières s’éteignent et tout le monde entre en scène. Sergio Pizzorno affiche toujours cette dégaine de grand guignol maigrichon, Tom Meighan débarque et c’est comme si la salle lui appartenait.

Pour son retour dans la métropole canadienne, Kasabian a vu grand. Le changement ne se fait pas seulement dans la taille de la salle. Le quatuor s’est acheté les services de deux musiciens de tournée. Un guitariste aux allures de Johnny Maar et un préposé aux machines. Le bassiste est toujours aussi taciturne et le batteur tout aussi efficace.

Days are forgotten donne le coup d’envoi de la soirée, mais va plus servir à régler un son qui va gagner en puissance au fur et à mesure de la soirée. Le résultat est un son qui va atteindre l’équivalent d’une vodka redbull, délicieusement stéroïdé.  Les hits s’enchainent et proviennent à parts égales des quatre albums.

Le décollage est fait, mais ce sont de véritables montagnes russes qui s’enchaînent. Kasabian aime à varier les ambiances. Une habitude qui met en danger un show qui peine à redémarrer une reprise ratée des Doors.

Si l’enthousiasme est présent dans la salle, la folie n’est pas encore au rendez-vous. Un constat qui semble être partagé par le groupe. Tom Meighan vire ses lunettes fumées pour finalement passer aux choses sérieuses et se donner totalement. Leader naturel, les autres suivent son entrain et enfoncent un Re-Wired dément. Le dernier single fait vibrer les murs et les corps.

Viennent ensuite Empire et Stuntman. Le concert prend alors de l’ampleur et devient cette grande messe électro-rock que le public attendait. L.S.F galvanise l’ardeur, Vlad The Impaler détruit tout. Sans prendre de risque, mais en s’appuyant sur un lightshow digne de Star Wars les Kasabian remportent la partie. Le pinacle est dans le rappel, où Switchblades Smiles devient la pièce maîtresse du set. Un Fire plus tard et c’est la fin, on salue et on s’en va.

Un show excellent donc, mais convenu. Pas grave, l’important est ailleurs, dans le plaisir évident que le groupe prend. Dans les accolades et les petits jeux entre Tom Meighan et Sergio Pizzorno. Le chanteur et le guitariste, dès qu’ils se regardent, ressemblent à deux petites frappes anglaises préparant un mauvais coup.

Mention spéciale à la gent féminine de la fosse qui aura aussi assuré une partie du spectacle. Entre les seins montrés et les culottes lancées, les adolescentes montréalaises ont été une partie intégrante du concert et peut être cette dose de fun qui manquait parfois.

Avec

1. Days Are Forgotten
2. Shoot The Runner
3. Velociraptor
4. Underdog
5. Where Did All The Love Go
6. I Hear Voices
7. Thick As Thieves
8. Take Aim
9. Club Foot
10. Re-wired
11. Empire
12. La Fée Verte
13. Processed Beats
14. Fastfuse / Pulp Fiction
15. Goodbye Kiss
16. L.S.F
17. Switchblades smiles
18. Vlad
19. Fire

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