Festival Les Inrocks 2012 : la Cigale fourmille

Mercredi 7 novembre 2012… 18h. Je me pose en terrasse du Café de la Cigale et sirote une petite bière en observant la file d’attente qui s’agrandit devant la salle mythique d’à côté.
Il faut dire qu’elle est belle l’affiche du jour entre groupes prometteurs tels que Mermonte et Daughter et les monstres sacrés que sont Lambchop et Tindersticks.

Vainqueurs du concours Inrocks Lab 2012, les Rennais de Mermonte ouvrent le bal. Pas moins de 10 musiciens prennent d’assaut la scène pour un set de 30 min (redondant à mon goût). Bizarrement  la formation hors norme du combo semble l’enfermer dans un registre plutôt que de l’ouvrir vers de divers horizons. C’est bien léché, mais ça ne me dresse pas le poil : aucune émotion.

19h45 : le trio londonien avec à sa tête la timide Elena Tonra se dévoile pour la première fois en France devant une salle bien remplie. Daughter nous délivre une prestation bourrée de talent bien que parfois sur la retenue. Pour ma part, ‘Home‘ m’a scotché le cœur et sûrement celui du public au vu de la belle ovation qu’ils ont reçue à la fin de leur concert. Leur debut album se fait attendre…

20h35 : c’est aux vieux briscards de Lambchop de combler une salle désormais pleine à craquer, à tel point que je n’ai pas réussi à me frayer un chemin pour prendre une photo digne de ce nom.  Forts d’une vingtaine d’années d’expérience, les Américains de Nashville ne s’en laissent pas conter et assurent tout en finesse. Du country blues maîtrisé de A à Z, porté par la voix lancinante de Kurt Wagner, la Cigale est apaisée et sous le charme.

22h00 : pantalon à pinces, blaser chic, moustache et favorites, la classe de Stuart Staples irradie la scène. Les Anglais de Tindersticks ont un rang à tenir. Pour les avoir vus au Bataclan, il y a une paire d’années, le combo est toujours des plus remarquables. Se concentrant à la quasi-totalité sur son dernier opus, les gars de Nottingham nous offrent un Art au goût de perfection. De la voix atypique et hypnotisante de Stuart Staples, en passant par la maîtrise collective des arrangements au jeu scénique décomplexé, tout respire l’expérience et l’amour de la scène. En bref, Tindersticks a retourné la Cigale, j’en veux pour preuve une ovation hystérique du public demandant un rappel qui n’aura jamais lieu, et des sifflements à l’égard des organisateurs trop serrés sur le timing.

In fine, cette soirée parisienne a tenu promesse, le festival des Inrocks a le don d’offrir des affiches éclectiques et raffinées.

Et comme le dirait Marc Toesca, présent ici ce soir et au premier rang pour Tindersticks, « salut les petits clous » et à l’année prochaine.

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