Quand les Bombay retournent la Maro

Bombay Bicycle Club – Live report à La Maroquinerie, Paris (28/11/11)

Voilà un concert que j’attendais avec impatience depuis août dernier ! Même si leur prestation à la Flèche d’Or en juin dernier (ainsi que l’esprit général du public) m’avait laissé sur ma faim, il m’était difficile de ne pas montrer mon impatience pour mon quatrième concert (au total) du quartet londonien ! J’arrive assez tôt devant la salle histoire de m’assurer une très bonne place à l’ouverture des portes. Ce soir c’est complet et je sens que les vrais fans des Bombay seront au RDV.

En première partie, on retrouve la très bonne amie du leader Jack Steadman : Lucy Rose. En plus d’accompagner le groupe vocalement sur certains morceaux du dernier album, la frêle et jolie demoiselle s’est vu l’honneur d’ouvrir pour eux sur toute la tournée européenne. C’est dans une salle remplie aux trois quarts et déjà très excitée que la jeune fille, 17 ans s’il vous plait, vient gentiment s’asseoir, accompagnée seulement d’une violoncelliste ! J’avais peur que le public ne soit trop dispersé et se mette à parler plus fort que la chanteuse, mais heureusement ce fut totalement l’inverse ! Il faut dire qu’avec une telle voix et un joli visage, Lucy ne pouvait que conquérir la gent masculine venue en masse ce soir !
Elle va donc nous délivrer trente bonnes minutes de concert, accompagnée de sa guitare sèche. Le timbre est sublime, je suis pourtant d’ordinaire assez réfractaire aux voix féminines, mais avoir une telle maitrise à cet âge ne peut être qu’applaudi ! Applaudissements qui se feront d’ailleurs plus que chaleureux. Tout le public est conquis par ce set acoustique qui se veut plus qu’intimiste pour le coup. Elle nous explique brièvement comment se passe la tournée, qu’elle est heureuse de jouer à Paris et que sur son CD en vente figure une photo de sa grand-mère (et apparemment cette dernière n’est pas au courant). Il est temps pour la jeune chanteuse à la carrière bien prometteuse de quitter la scène pour laisser place aux roadies des BBC.

Roadies qui s’empresseront d’installer le matériel du groupe avant qu’une playlist très rap ne résonne sur une salle qui s’éteint subitement. L’euphorie l’emporte, le public est chauffé à blanc, ça hurle dans tous les coins, ça trépigne d’impatience et ENFIN les premières notes du dernier single « Shuffle » résonnent !
Les hurlements se font plus virulents et ce sont quatre jeunes garçons (accompagnés de Lucy Rose et d’un cinquième membre) qui font leur entrée sur scène, gros sourires collés aux lèvres et c’est parti pour un concert qui restera à mon goût un des meilleurs que j’ai pu voir cette année.

Le groupe a drôlement muri depuis le mois de juin. On les sent rodés et prêts à délivrer un troisième album en live plus que convaincant (je reste sur ma faim quant au CD). Pas le temps de respirer, après Shuffle s’ensuit le tubesque « Your Eyes ». Mes pieds quittent le sol, mes mains frappent en cadence. J’étais déjà ultra fan de ce morceau sur CD, en live c’est encore plus jouissif !
Une fois de plus, la paire Ed/Suren (basse/batterie) assure pleinement et délivre une chanson hyper rythmée ! Jamie reste assez calme derrière sa guitare tandis que Jack balance sa tête à droite à gauche. Sa voix est claire et parfaitement mise en place ce soir. Les chansons s’enchainent avec grande vitesse, le tout ponctué par quelques ‘thanks’.

Le seul regret que j’ai à dire concernant la setlist vient du fait qu’ils n’aient pas alterné chansons du premier et dernier album ! Pas trop de mixité, mais la setlist n’en est pas moins quasi parfaite ! On a même eu l’honneur d’entendre « Rinse me Down » et « Ivy and Gold » du second album acoustique « Flaws ». J’étais un peu curieuse de voir ce que rendrait le contenu en électrique et c’est tout aussi efficace ! Arrive juste derrière l’énormissime « Evening/Morning » où là encore la basse et la batterie sont d’une efficacité REDOUTABLE !
Ça continue de hurler dans tous les coins, derrière moi se trouve un groupe de jeunes garçons surexcités qui scandent toutes les paroles et s’agitent dans tous les sens ! Le tout en restant gentlemen et en ne bousculant que très peu leurs voisins. L’ambiance se veut très bon enfant et ça fait plaisir à voir ! Radicalement différent de la Flèche d’Or, comme je l’ai dit au début, on sent que ce soir les vrais fans seraient là ! Fans qui chanteront avec joie « I’m not whole you waste it all » sur le cultissime « Always Like This » devant un Jack tout souriant.

Mention toute particulière pour la dernière chanson avant le rappel: « Giantess / Emergency Contraception Blues » !
The Giantess, ah, je brûlais d’envie de l’entendre live ! Dommage que le début fut gâché par des gens qui ne peuvent s’empêcher de taper des mains, surtout sur une chanson qui se veut aussi calme et apaisante. Et là PAF en pleine figure voilà l’intro de leur 1er album! ECB !
Je ne l’avais pas entendue depuis le NME Tour et quelle claque ! Elle passe évidemment mieux en ouverture de set, mais là ce fut la bonne surprise. Le groupe quitte vite la scène sous un tonnerre d’applaudissements pour revenir trois minutes plus tard et délivrer les deux derniers morceaux de la soirée dont le mythique « What If » et sa batterie percutante !
Mes pieds là aussi ne touchent plus le sol, le public dans un dernier élan plein d’énergie fait vibrer la fosse de la Maroquinerie, tout le monde s’amuse ! De quoi montrer au groupe qu’en dépit d’être assez souvent froids, les parisiens peuvent aussi se montrer particulièrement chaleureux.

Les lumières se rallument sur environ 600 visages tout sourire qui quittent petit à petit la salle. Juste le temps pour moi de récupérer une setlist et d’aller remercier le groupe une fois dehors.
Les Bombay ont incontestablement acquis un statut de grand groupe ! Adulés et remplissant de grandes salles en UK, on ne doute pas quant au fait qu’ils ne tarderont pas à nous remplir aisément un Bataclan ou une Cigale !

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