[Interview] Awir Leon

À l’occasion de son show au Trabendo le 15 septembre dernier, nous avons accosté le jeune Awir Leon, membre du trio Unno et du collectif Jayfly, encore un peu timide avec le public, mais qui maîtrise déjà les recettes pour l’envoûter avec son univers indietronica. Par la même occasion, il nous a fait découvrir les prémices de son premier album, « Giants », à venir le 14 octobre prochain chez Nowadays Records : un fragment de légèreté au groove synthétique indomptable. Nous avons pris rendez-vous à sa sortie de scène, pendant le live de The Invisible et avant celui de Petite Noire, les autres tenants de la soirée, pour qu’il nous raconte un peu son parcours, son album, ses influences et sa musique, en toute simplicité et franchise.

Awir Leon

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis originaire du nord de la France, je viens à la base du beatmaking, je me suis développé dans l’électro et je suis aujourd’hui dans le songwriting !

  • Brièvement, quel est ton parcours ? Beaucoup doivent ignorer que tu es également danseur avant d’être musicien !

C’est vrai, je suis danseur depuis que j’ai 18 ans. J’ai tourné avec plusieurs chorégraphes, en tant que danseur contemporain, dans le hip-hop. J’ai toujours eu la musique dans ma vie, mais à côté, une passion secondaire ! Et en 2008 j’ai rencontré J.Kid et on a développé Unno ensemble. En parallèle, j’ai sorti plusieurs EPs en solo et il y a un an, j’ai un peu arrêté la danse pour me concentrer vraiment sur la musique !

  • Alors bien évidemment, nous allons parler de ton premier album, « Giants », qui arrive le 14 octobre chez Nowadays Records. Comment te sens-tu à l’approche de cette échéance ?

J’ai super hâte ! Je suis serein, j’ai juste hâte de découvrir ce qu’il sera aux yeux des gens !

  • Peux-tu nous en dire plus sur la genèse du projet ? Comment en es-tu venu à concevoir ce disque ? Est-il la somme de toute une période, entre tes EPs, tes multiples collaborations, ton travail avec Unno et Jayfly ?

C’est complètement ça, la somme d’une époque ! J’ai voulu me pousser moi-même dans un processus introspectif ; les EPs, ce sont plus des tâtonnements musicaux, on essaye des choses et on regarde si ça marche, mais l’album, c’est un truc complètement personnel. Je me suis immergé dans la musique et l’album représente une partie de moi ; c’est ce que je suis maintenant !

  • Si on te demandait de le définir en quelques mots, lesquels choisirais-tu ?

C’est trop dur. J’ai trop peur de définir mon taf et de me fermer des portes. J’attends plutôt que d’autres le fassent pour moi. On verra ce qu’ils en disent dans un mois ! (rires)

  • Tu fais partie de cette catégorie d’artistes dont la musique transversale ignore les frontières stylistiques et répond d’abord à l’appel de l’émotion. Mais si tu devais définir ce que tu composes, que dirais-tu ? Quels sont les termes qui te viennent en tête ?

La transparence, dans le sens de l’honnêteté, l’espace, l’ouverture et la volonté d’aller de l’avant.

  • On compare souvent ta musique à celles de James Blake ou de Chet Faker. Personnellement, j’y entends plutôt les échos de celle de Thom Yorke en solo.

Ça fait super plaisir que tu me dises ça, je suis dingue de ce gars, j’ai vu Radiohead et James Blake le même jour, il y a une semaine au Lollapalooza (festival de musique à Berlin), c’était un des plus beaux jours de ma vie !

  • Du coup, sur quoi as-tu construit ton projet solo ? Quelles sont les influences vers lesquels tu retournes régulièrement puiser pour continuer de t’exprimer en musique ?

Ça va faire un peu cliché, je crois, mais tant pis : Radiohead, James Blake, Flying Lotus, Mos Def et Hiatus Kaiyote. Je vais pas nier toutes ces influences, mais pas Chet Faker par contre ; il y a un truc chez lui qui ne me touche pas, j’ai l’impression qu’il camoufle sa voix. J’attends plutôt son nouveau projet, Nick Murphy (NDLR son vrai nom).

  • Le premier titre paru est tout de même très électronique !

Oui, mais il m’a l’air plus vrai dans sa façon de chanter. Je ne vais pas me faire que des amis avec ce que je dis (rires) !

  • Aujourd’hui, quel regard jettes-tu sur ta jeune carrière en te rappelant la sortie de ton premier EP « Poetry » en 2009, maintenant qu’arrive ton premier long-format ?

Ça évolue bien ! En termes de carrière, cela évolue lentement, mais artistiquement je suis toujours en train de chercher à faire mieux, je suis content de la direction que ça prend !

Awir Leon

  • Question inévitable avant de se quitter, quels sont tes futurs projets ?

Eh bien, mon album solo arrive dans un mois et on est en pleine finalisation des productions avec Unno. J’ai pas mal de projets vidéos pour illustrer « Giants », avec sûrement des liens avec la danse de loin ou de près ! Je vais peut-être commencer à chorégraphier et j’espère pouvoir organiser une tournée pour présenter les tracks.


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