[Platine #7] AaRON

Mi-septembre sortait « Anatomy of Light », appel à la nuit par l’inséparable duo français AaRON. Électrons libres d’une pop qui brille plus que jamais à l’international, Olivier Coursier et Simon Buret y affirmaient leur besoin d’instantanéité, en ouvrant leur création aux pulsations nocturnes, celles des clubs et des mégapoles (« The Flame », « Keep Walking Love »), tout en nuançant leurs instincts d’une pudeur quasi cutanée. Entre urgence et retenue, embrassant l’anglais et le français avec une intention constante, AaRON nous saisit sur ce quatrième album ruisselant de pépites noires et incandescentes, à l’instar des objets de fascination « Reeds » et « Sauvages ». Un disque qui reste en mémoire autant qu’il appelle constamment au souvenir, comme des photographies retrouvées et observées sous un angle nouveau. Les témoignages ayant toujours eu une place à part sur indiemusic, nous avons proposé à Olivier et Simon de nous présenter dans ce nouvel épisode de Platine, cinq albums qui nourrissent l’imaginaire et agitent la plume d’AaRON.

crédit : Sylvie Castioni

Bruce Springsteen – Nebraska

Olivier : Cet album m’a accompagné tout le long d’un voyage sur la côte ouest des États-Unis. Il collait parfaitement aux paysages arides et bruts que je traversais. Curieusement, tout ce que j’écoute en temps normal ne résonnait plus là-bas – seules les chansons épurées, avec parfois simplement une guitare, avaient un sens. Depuis, je le réécoute assez souvent – surtout quand j’ai besoin de revenir à l’essentiel dans une composition. Cet album représente pour moi la belle solitude ; celle nécessaire pour se recentrer.


Radiohead – Kid A

Olivier : Rares sont les albums qui font avancer la musique, « Kid A » en fait partie pour moi. « How to Disappear Completely » est une splendeur. J’aime les expérimentations dans les compositions, les sons pointus mélangés à de vraies chansons, comme Björk peut le faire aussi par exemple.


Sixto Rodriguez – Searching for Sugar Man (OST)

Simon : J’ai découvert cet album (dont beaucoup de titres sont tirés de son album de 1970, « Cold Fact ») avec le film. Depuis, cet artiste et ses textes ciselés de me quittent plus, et savoir que la planète entière avait « zappé » un artiste aussi puissant que ce grand parolier et mélodiste, rival s’il en est de Dylan, me fascine. Comme je dis souvent, il y a beaucoup d’avenir dans le passé… une merveille.


Danny Elfman – Edward aux mains d’argent (OST)

Simon : Ou comment un monde prend forme en musique. Il y a dedans toutes les paysages de l’âme de l’auteur, du merveilleux, du tragique, du grand voyage… Un compagnon d’enfance que j’aime revisiter de temps en temps.


Sufjan Stevens – Carrie & Lowell

C’est un album dans toute sa splendeur, c’est-à-dire qu’on ne peut pas l’arrêter une fois qu’on a pressé la touche Play, il se déroule comme un long fleuve, où j’adore me laisser dériver. C’est aussi pour le pouvoir de la musique, arriver à dire et aborder des sujets très radicaux, durs, osés et les enrober de lumière. Bizarrement, un album qui peut passer comme joyeux et léger, pour ceux qui ne parlent pas anglais, mais qui offrent une profondeur et un voyage rare à mes yeux.


« Anatomy of Light » d’AaRON est disponible depuis le 18 septembre 2020 chez Birds In The Storm / Caroline International France.


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