Histoire d’une jeunesse désinvolte pour laquelle le drame n’est jamais loin, « Contrails » de All The Luck In The World est un court-métrage poignant et incomparable, mêlant la douceur de la musique à l’intensité d’images qui imprégneront nos rétines pendant très longtemps et annoncent « A Blind Arcade », le nouvel album des Irlandais prévu pour le 23 février prochain, sous les meilleurs auspices.

Chacun de nous a ressenti, un jour, ce sentiment de plénitude et d’insouciance en compagnie d’amis ou de proches que rien ne semble devoir séparer de nous. Entre l’ivresse et la joie la plus folle, le monde paraît à portée de main, prêt à nous appartenir. Alors, sans réfléchir mais avec une indicible énergie, on court, rit, saute ou boit jusqu’à ne plus pouvoir se contrôler. Cette impression tenace de liberté traverse « Contrails », travail intimiste et profond du trio irlandais All The Luck In The World, de part en part. Et leur passion intérieure, celle de raconter des histoires grâce à leurs chansons, jaillit de chaque plan, de chaque visage ou attitude. Cependant, le spectateur comprend qu’il va se passer quelque chose. Que la tragédie guette, sournoisement. Et elle éclate alors, violemment, viscéralement. Sans prévenir.
Devant la caméra de Thomas Vernay (réalisateur parisien notamment remarqué grâce à son excellent court-métrage « Dryad »), l’avenir immédiat se joue, implacable, alors que la mort rôde. Il faut souvent la côtoyer pour mieux aimer. Il faut la sentir nous caresser pour mieux apprécier l’affection de l’autre. Ainsi, nous restons suspendus au destin de ces quatre filles écartelées entre l’adolescence et l’âge adulte, entre la morale et le danger, entre l’attraction et la crainte. Jusqu’à ces ultimes secondes totalement imprévisibles, nous laissant sans voix alors que le folk affectueux et sensible de All The Luck In The World accompagne un futur désormais inimaginable. Véritable leçon de narration cinématographique et sonore, « Contrails » bouleverse et déstabilise, avant de fédérer grâce à sa volonté constante de dire, tout haut, les passions et peurs que les jeunes générations n’ont pas le droit d’exprimer.
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